Gérard Lopez : face aux critiques, la vérité des chiffres

Malgré les critiques à son encontre, Gérard Lopez poursuit le redressement des Girondins de Bordeaux. Les dernières victoires du président du club bordelais montrent sa volonté de stabiliser le club.

« C’est le seul espoir que nous avons ». Ancienne légende des Girondins de Bordeaux, Alain Roche résumait, fin décembre dans Sud-Ouest, le rôle de Gérard Lopez à la tête du club girondin. Bien loin des débats passionnés de supporters hostiles au président de Bordeaux. Depuis son arrivée en Gironde, Gérard Lopez est la cible de nombreuses attaques après la rétrogradation de Bordeaux en National 2. L’Hispano-Luxembourgeois pouvait-il faire mieux ? Personne ne le sait, mais les critiques dont il est la cible ne prennent pas en compte l’état dans lequel Lopez a trouvé le club au moment de son rachat. « Je suis assez effaré par les analyses que je peux lire à droite à gauche », résume le président du FCGB. Des analyses venant de « nulle part », d’observateurs qui « n’ont jamais rien fait, n’ont pas mis un euro » et ont même « poussé des investisseurs qui n’avaient rien ».

D’ailleurs, parole d’économiste, Gérard Lopez, auréolé de deux succès récents — validation du plan de continuation par le tribunal de commerce et passage favorable devant la DNCG —, tiendrait à lui seul les Girondins debout : « À la fin du plan de continuation, il aura investi plus de 100 millions d’euros pour un club qui n’aura pas forcément retrouvé le niveau professionnel », résume David Gluzman, qui n’hésite jamais à dire ce qu’il pense. Pour ce dernier, « heureusement qu’il (Gérard Lopez) est là pour maintenir le club à flot, car les clubs qui n’ont pas un actionnaire capable de financier l’exploitation sans aucun revenu, ce sera dramatique ». Au-delà de tenir le club sous perfusion et de laisser espérer à ses supporters une issue positive, Lopez cravache pour le redresser.

Le travail de fond de Gérard Lopez

On le sait : le football français est au bord de la crise financière et la plupart des clubs professionnels ont du mal à trouver un modèle économique viable. Gérard Lopez, lui, sait où il va. Mais avant d’entamer son plan, le président des Girondins a dû effectuer un travail de fond pour faire fondre la dette du club de 75%. Sans une rude négociation avec les créanciers, début 2022, Bordeaux n’existerait probablement plus. La faute notamment à la mauvaise gestion de la part du fonds américain King Street. Reste que l’homme d’affaires sait aussi prendre ses responsabilités : « On a d’abord regardé les erreurs commises par nos prédécesseurs et nous. J’aurais sans doute dû passer par le redressement judiciaire dès la descente en Ligue 2 et l’année suivante après la non-remontée », admet-il. 

Mais malgré les résultats sportifs en dents de scie, Gérard Lopez n’a pas voulu lâcher, et la validation de son plan de continuation représente un sacré espoirs pour les supporters du club historique du football français. Surtout, le Luxembourgeois s’est penché sur un modèle économique inédit : « On a travaillé sur une stabilité financière plus poussée, qui ne dépend pas des ventes de joueurs », dit-il à Sud-Ouest. Le passage des dirigeants bordelais devant la DNCG en juin 2026 devrait être le premier test du club, épongé d’une grande partie de ses dettes. Si la critique est facile, les faits sont têtus : « Aux Girondins, il n’y a personne d’autre que moi. Ni en 2021, ni cette année », ose Gérard Lopez. Personne ne pourra le contredire sur ce point. Après avoir nettoyé le club, le président peut désormais rêver à un avenir plus serein : « On regarde vers le haut », admet même l’homme d’affaires, qui vise une stabilité à long terme.