Pablo Longoria, figure emblématique de la direction marseillaise depuis quatre ans, s’apprête à tourner la page.
Relégué à un rôle institutionnel par Frank McCourt, l’Espagnol négocie activement son départ à l’amiable, dans un climat de tensions internes qui secoue le club phocéen en pleine tempête sportive et cybernétique.
Déclassement brutal et négociations en cours
Le choc est survenu mi-février : Frank McCourt, propriétaire intransigeant de l’OM, a restructuré l’organigramme, cantonnant Longoria à des fonctions symboliques loin des leviers du pouvoir. Ce déclassement, perçu comme un désaveu cinglant, a été officialisé autour du 17 février. L’ancien directeur général, artisan de mercatos audacieux comme les arrivées de De Zerbi ou de Greenwood, digère mal cette mise à l’écart. « Le cycle est terminé », lâche-t-on en coulisses, citant des sources proches du dossier.
Les pourparlers pour une séparation amiable ont démarré dans la foulée. Longoria, sous contrat jusqu’en 2026, gère les affaires courantes par devoir, mais son cœur n’y est plus. McCourt pousse pour une issue rapide, évitant un bras de fer public qui entacherait davantage l’image d’un OM déjà fragilisé. Pablo Benaita, promu directeur sportif avec des prérogatives élargies, assure l’intérim opérationnel, tandis que Habib Beye, fraîchement nommé coach jusqu’en 2027, tente de stabiliser l’équipe sur le terrain.
Un départ qui cristallise les maux de l’OM
Ce feuilleton Longoria n’est que la face émergée d’une crise plus profonde. À peine une semaine après l’annonce, l’OM a subi une cyberattaque massive touchant 400 000 comptes supporters – sans compromission des données sensibles, mais avec un appel à la vigilance contre le phishing. Le club a porté plainte auprès de la CNIL et des autorités, renforçant un sentiment de désordre ambiant.
Sur le pré, les résultats patinent : défaite 0-2 à Brest ce week-end, élimination précoce en Ligue des Champions, et un mercato hivernal terne marqué par le loupé d’un dossier à 25 M€ et le départ de Griezmann en MLS. Beye, ex-Rennes, hérite d’un vestiaire fracturé et d’attentes immenses. « Marseille n’est pas un club comme les autres », martèle-t-il, promettant un redressement express dès ce soir face à Brest.
Longoria, lui, envisage l’avenir ailleurs. Courtisé par des formations espagnoles, il pourrait rebondir rapidement. Son bilan ? Un OM conquérant en Ligue 1 par intermittence, mais jamais titré, miné par des querelles internes. McCourt, 73 ans, officialise entre-temps de nouveaux partenariats pour asseoir sa vision long terme.
Reste la grande inconnue : la date précise du clap de fin. Certains évoquent l’été 2026, d’autres une rupture immédiate. Dans le chaudron du Vélodrome, les supporters guettent, lassés des intrigues de palais. L’OM de Beye et Benaita peut-il renaître de ses cendres ? La réponse, terrain par terrain.

