FC Nantes : un mercato d’hiver agité pour rien ?

Le mercato d’hiver du FC Nantes s’est refermé comme il avait commencé : dans l’urgence, avec cette impression chronique que le club court toujours derrière son propre retard.

Deiver Machado et Rémy Cabella ont ouvert le bal dès le début du mois, symboles d’une direction qui cherchait à injecter de l’expérience et un peu de personnalité dans un vestiaire en souffrance. Puis, dans les toutes dernières heures, Abakar Sylla est arrivé en prêt de Strasbourg, un défenseur central censé apporter du calme alors que le FCN encaisse trop, trop souvent, et surtout au pire moment des matches. On sent bien la logique sportive : solidifier l’axe, ajouter du volume au milieu avec des profils comme Ibrahima Sissoko, remettre un peu de liant entre les lignes avec Cabella. Sauf qu’on ne sait pas encore si ces pièces, empilées en plein hiver, vont vraiment s’assembler dans un collectif déjà fragile mentalement.

Derrière ces arrivées, il y a surtout un grand coup de balai, presque brutal, sur une partie de la cuvée estivale. Cinq recrues de l’été – Mayckel Lahdo, Amady Camara, Yassine Benhattab, Hyeok-Kyu Kwon et Hyun-seok Hong – ont été clairement poussées vers la sortie après quelques mois seulement, comme si le club assumait publiquement s’être trompé sur une bonne partie de son marché précédent. Cela raconte quelque chose d’assez dérangeant sur la stratégie : beaucoup de paris, peu de patience, et au final une instabilité qui se voit sur le terrain, semaine après semaine. Les chiffres se contredisent d’ailleurs selon les sources sur le nombre exact d’arrivées et de départs, mais l’ordre de grandeur est le même : un effectif largement remodelé en pleine lutte pour le maintien, au risque de tout rebattre alors que le temps de travail est réduit. Et pourtant, malgré ce volume de transactions, le sentiment reste très partagé chez les suiveurs : l’équipe est peut-être plus cohérente sur le papier, mais elle n’a toujours pas ce buteur attendu qui change des saisons.

Un mercato défensif pour un club en survie

Au final, ce marché d’hiver ressemble à un bricolage ambitieux, mais toujours contraint par la peur de descendre et par une gouvernance qui vit le mercato comme un réflexe de survie plus que comme un plan à moyen terme. Le prêt de Sylla, sans option d’achat, illustre bien cette logique de courte vue : si ça marche, il repartira sans laisser autre chose qu’un souvenir ; si ça ne prend pas, le chantier défense restera entier. On peut dire la même chose pour Cabella, dont le talent ne fait pas débat, mais dont le corps, l’intensité et la régularité à ce niveau posent question à l’échelle d’une opération maintien. Sauf que, pour un FC Nantes 16e de Ligue 1 et constamment sous pression, refuser ce type de profil serait presque un luxe. On ne sait pas encore si ce mercato d’hiver sera le tournant de la saison ou un épisode de plus dans la série des corrections en catastrophe, mais une chose est sûre : à la Beaujoire, ce sont les résultats des prochaines semaines, bien plus que la liste des recrues, qui diront si ce grand ménage avait du sens.