Un transfert à 72 millions d’euros pour un joueur encore sous le maillot rennais : voilà le genre de paradoxe qui fait parler dans les couloirs du Roazhon Park.
Jérémy Jacquet, 20 ans à peine, va bien rejoindre Liverpool, mais pas avant juillet. Et c’est là que réside toute la subtilité du deal, conclu dès ce mercato hivernal, mais dont les effets, comptables et sportifs, attendront l’été. Un pari mesuré pour les Reds, une respiration bienvenue pour Rennes. Tout le monde y trouve son compte. Ou presque.
Un dirigeant breton glisse qu’il s’agit “de la meilleure issue possible”. Peut-être bien. Car Rennes garde son défenseur jusqu’à la fin de la saison, sans les contraintes d’un prêt, et sans le flou qu’un départ anticipé aurait provoqué dans le vestiaire. De son côté, Liverpool temporise : le club anglais cherche à lisser ses dépenses, à éviter un impact financier immédiat sur un mercato déjà tendu. Bref, une opération à tiroirs. Et pourtant, dans les bureaux d’Anfield, certains redoutent encore les effets d’un tel montage, un peu trop audacieux à leur goût.
Un transfert calculé, mais pas sans zones d’ombre
On ne sait pas encore si ce type d’arrangement deviendra la norme, tant il mêle habilement gestion budgétaire et prudence sportive. Les chiffres annoncés — 72 millions d’euros, bonus inclus — varient d’une source à l’autre, signe que tout n’est pas encore bouclé noir sur blanc. Ce qui est sûr, c’est que Jacquet, formé à Rennes, ne sera pas coupé de ses racines avant d’avoir bouclé son chapitre breton. Sauf que, dans les têtes, le grand saut vers la Premier League est déjà enclenché. Et à Liverpool, on s’impatiente de le voir enfiler le rouge, pour de bon.

