Battus dans le temps additionnel à Rennes dimanche soir, les Canaris s’enfoncent un peu plus dans la zone rouge. Leur entraîneur Vahid Halilhodzic ne mâche pas ses mots : sans un exploit improbable, la relégation se profile.
Il y a des défaites qui font mal, et d’autres qui brisent. Celle concédée dimanche au Roazhon Park appartient sans doute à la seconde catégorie. Le FC Nantes s’est incliné 2-1 face au Stade Rennais en Ligue 1, foudroyé dans les dernières secondes par un but de Valentin Rongier — ancien capitaine emblématique du club. Le symbole était trop lourd, le timing trop cruel pour ne pas résonner comme un coup du sort supplémentaire dans une saison déjà cauchemardesque.
24 frappes, zéro efficacité
Sur le terrain, les Nantais n’ont pourtant pas démérité. Face à une équipe rennaise engagée dans la course à la Ligue des Champions, ils ont produit l’une de leurs meilleures prestations de la saison sur le plan de l’intention. Les chiffres sont là pour l’attester : 24 frappes tentées. Et pourtant, un seul but au compteur.
C’est cette contradiction douloureuse que Vahid Halilhodzic a tenté d’expliquer en conférence de presse, la voix lourde : « Notre efficacité est presque inexistante. On a montré nos limites. » Le technicien franco-bosnien n’a rien reproché à ses joueurs sur l’état d’esprit ou l’engagement. Mais l’impuissance collective face au but adverse reste, selon lui, le nœud du problème.
« Pour qu’il y ait un miracle, il faut gagner »
Abattu, Halilhodzic n’a pas cherché à enjoliver une situation désormais critique. Avec cinq points de retard sur Auxerre, qui occupe la place de barragiste, les Canaris sont condamnés à enchaîner les victoires lors des dernières journées — eux qui peinent justement à en décrocher une.
« Je suis abattu depuis un moment. Pour qu’il y ait de l’espoir, pour qu’il y ait un miracle, il faut gagner. Mais on ne gagne pas », a-t-il lâché, dans un aveu de lucidité aussi rare que dévastateur pour un entraîneur en exercice.
Les points perdus in extremis, le poison de la saison
Le détail qui aggrave encore le bilan : depuis l’arrivée de « Coach Vahid », Nantes a laissé filer quatre points dans les arrêts de jeu. Des points qui, aujourd’hui, auraient tout changé. Dans la course à la survie, ces minutes perdues pèsent autant que des matchs entiers.
Le miracle existe dans le football. Nantes en aura besoin d’un grand.

