Accusé d’avoir favorisé le vote en faveur du Qatar pour l’organisation de la Coupe du monde 2022, Michel Platini réplique et pointe du doigt la théorie du complot le visant. Le président de l’UEFA a l’impression d’être la personne qui dérange.

Michel Platini contre-attaque. Le président de l’UEFA est sorti de son silence pour contester les accusations le visant. Oui, il a bien déjeuné avec le Qatari Mohamed ben Hammam quelques semaines avant l’attribution du Mondial 2022 au Qatar. Oui, il a bien donné sa voix à l’Emirat. Mais jamais il n’a influencé le vote d’une quelconque façon. Je suis transparent, j’ai dit pour qui j’avais voté et je me retrouve suspecté d’être corrompu. Il ne faut pas déconner, balaye l’ancien meneur de jeu des Bleus dans l’Equipe, avouant que ça fait mal de se retrouver dans la tourmente de cette façon. Pour lui, il n’y a aucun doute : un complot le vise.

Je me rends compte que derrière, il y a quelqu’un, quelque chose, des gens qui organisent tout ça… je le sens, ajoute Platini, n’ayant toutefois aucune preuve de ce qu’il avance. Je ne suis pas pourri, mon but n’est pas de faire du mal aux gens. Je ne sais pas qui est derrière tout ça. Mais je pense qu’il y a beaucoup d’intérêts en jeu, pour ceux qui sont à la FIFA, pour ceux qui ont envie d’y aller et pour ceux qui espèrent un jour y être. Sans doute aussi pour ceux qui veulent que l’on revienne sur l’attribution au Qatar de la Coupe du monde 2022, précise-t-il, ayant l’impression d’être la personne qui dérange. Et qui peut déranger.

Il joue la montre pour la FIFA


Lassé que tout soit fait pour le discréditer, l’ancien numéro 10 reste droit dans ses bottes. S’il ne pense pas que des personnes du comité exécutif ont été achetées, il attend les conclusions en l’enquête en cours à ce sujet. Moi, j’ai voté pour le Qatar afin de répondre positivement à des demandes anciennes du monde arabe. Jamais le Qatar ne n’a demandé de voter pour lui. Ni Sarkozy ni personne. Je l’ai toujours dit, réaffirme-t-il, ajoutant ne rien regretter du tout. Mais si des affaires de corruption sont prouvées, il faudra un nouveau vote et des sanctions, avoue-t-il toutefois.

Malgré ces accusations, il n’a pas l’intention de changer de stratégie. Cela veut juste dire que je suis fort, que je suis costaud et qu’on a peur de moi. Cela me renforce, cela veut dire que j’existe. On ne met pas en cause d’autres personnes, on parle de moi… Ce n’est pas parce qu’un match est viril que je vais changer ma façon de jouer, glisse-t-il. Pour lui, pas question de dévoiler s’il sera candidat à la présidence de la FIFA pour l’instant. Si Sepp Blatter, son ancien ami, devrait confirmer qu’il briguera un cinquième mandat, l’actuel président de l’UEFA joue la montre. Quand on m’attaque, je deviens beaucoup plus fort, plus déterminé. Mais cela n’influencera pas ma décision, prend-t-il soin d’ajouter. Il en faut plus pour faire vaciller Platoche.