ASSE : les joueurs « en tongs » à Bastia ?

À trois journées de la fin, l’AS Saint-Étienne a sombré sur la pelouse du dernier de Ligue 2. Une défaite 0-2 qui ne passe pas, et une image cinglante qui résume tout : les Verts s’étaient déplacés en tongs.

Il y a des défaites qui font mal, et il y a des défaites qui font honte. Celle concédée samedi 18 avril 2026 à Bastia appartient à la seconde catégorie. Score final : 0-2, face au dernier du classement de Ligue 2. Un résultat aussi inattendu qu’il était, à bien y réfléchir, prévisible.

« Normal quand on se déplace en tongs »

C’est Patrick Guillou qui a trouvé les mots. L’ancien défenseur stéphanois, désormais consultant pour beIN Sports, n’a pas mâché ses mots dans les colonnes du Progrès : « L’AS Saint-Étienne a offert un tricot sans manches : joli à voir de loin, mais inutile pour affronter le vent de face. Trop tendres à l’extérieur, les Verts se sont planté une belle écharde dans les pieds. Normal quand on se déplace en tongs. »

La métaphore est cruelle, mais elle colle. Portés par une série de sept victoires et deux nuls sous Philippe Montanier, les Verts avaient abordé cette rencontre avec une suffisance manifeste. Une perte de balle de Cardona dès les premières secondes, un manque d’engagement flagrant, et voilà Bastia — le bon dernier — qui dicte sa loi à l’un des prétendants sérieux à la montée en Ligue 1.

Montanier l’admet : « Bastia a eu plus de détermination »

En conférence de presse, Philippe Montanier n’a pas cherché à esquiver. Le technicien stéphanois a livré un mea culpa collectif qui résonne comme un écho direct aux mots de Guillou : « Bastia a mis plus de détermination que nous collectivement. Avec cette donnée, il est difficile de gagner un match. La vérité sort du terrain et aujourd’hui on ne méritait pas mieux. »

Au micro de beIN Sports, il a enfoncé le clou : « Nos qualités individuelles ne sont pas ressorties, le collectif non plus. » Avant d’ajouter, lucide mais préoccupé : « On peut s’estimer heureux d’être deuxièmes avec autant de défaites à l’extérieur. »

La course à la montée relancée à trois journées de la fin

Sur le plan sportif, le coup est sérieux. Troyes consolide sa place de leader avec désormais quatre points d’avance sur l’ASSE, qui se retrouve à égalité avec Le Mans, revenu dans le jeu. La dynamique stéphanoise, si rassurante ces dernières semaines, prend un sérieux coup de froid.

Pour Guillou, il s’agit néanmoins d’« un avertissement sans frais » — à condition de l’entendre. Car le prochain rendez-vous, le 25 avril à Geoffroy-Guichard face à Troyes, ressemble à un choc de vérité. Domicile, atmosphere électrique, enjeu maximal : les Verts devront cette fois enfiler des crampons.

Un électrochoc nécessaire ?

L’image des tongs a agité les supporters et enflammé les médias. Elle pointe quelque chose de plus profond qu’une simple contre-performance : un état d’esprit, une forme d’arrogance née de la bonne passe récente. Saint-Étienne n’est pas encore en Ligue 1. Et le football, lui, n’attend pas.


La leçon de Bastia pourrait bien être la plus précieuse de la saison — pour peu que les Verts l’acceptent.