Deux jours après l’éclat public de Kylian Mbappé, Alvaro Arbeloa a choisi la voie de l’apaisement samedi en conférence de presse.
Loin de contre-attaquer, l’entraîneur du Real Madrid a surpris en affirmant avoir apprécié la colère de son attaquant. Une gestion de crise en douceur, à la veille d’un déplacement périlleux sur la pelouse du FC Séville.
La bombe Mbappé, deux jours après
Jeudi soir, les déclarations de Kylian Mbappé avaient secoué le Bernabéu. Relégué sur le banc au coup d’envoi de la victoire contre Oviedo (2-0), le Français avait assuré être physiquement apte à jouer « à 100 % », avant de lâcher une confidence explosive : son coach lui aurait dit qu’il était désormais « le quatrième attaquant de l’effectif ». Des mots qui avaient poussé Arbeloa à recadrer publiquement la situation, rappelant sèchement que c’est lui — et lui seul — qui décide de la composition de son équipe.
La presse espagnole s’était emparée de l’affaire avec appétit. L’image d’un Mbappé marginalisé dans son propre club, à 27 ans et au sommet de sa carrière, constituait un feuilleton trop alléchant pour être ignoré.
Arbeloa joue la carte de la sérénité
Ce samedi, devant les caméras, le technicien merengue a choisi un registre radicalement différent. Exit la fermeté des premières heures. Place à une lecture presque bienveillante de la situation. « Je comprends que ce genre de choses fasse les gros titres, mais ce dont il a parlé en zone mixte, on en avait déjà parlé ensemble avant le match », a-t-il expliqué, cherchant manifestement à dédramatiser.
Plus surprenant encore, Arbeloa a revendiqué la frustration de son attaquant comme un signe positif. « Je sais qu’il n’était pas content, et ça m’a plu. Je ne comprendrais pas que Kylian ne veuille pas jouer. » Pour lui, maintenir Mbappé sur le banc en première période relevait d’une logique sportive claire : ménager le joueur pour le titulariser dès le lendemain. « Vu la situation, le mieux était qu’il joue un peu en deuxième mi-temps pour pouvoir tenir dimanche. Il n’y a rien de plus. »
Quant aux confidences rendues publiques par le joueur sur leurs échanges privés, l’entraîneur n’a pas semblé particulièrement froissé. « Quand je parle avec les joueurs, je n’ai pas peur qu’ils divulguent nos conversations. Je préfère que cela reste entre nous, mais ça ne me dérange pas que le sujet soit abordé. »
L’ombre de Mourinho plane sur Madrid
En filigrane de cette conférence de presse, une réalité s’impose : Alvaro Arbeloa sait que ses jours sur le banc madrilène sont comptés. L’arrivée imminente de José Mourinho pour la saison prochaine circule avec insistance dans les couloirs du club. Interrogé sur le sujet, le technicien espagnol a rendu un hommage appuyé au Special One. « Pour moi, comme joueur et comme madridista, Mourinho est le numéro un. S’il est là la saison prochaine, je serai très content de le voir à la maison. »
Une sortie élégante, presque résignée. Arbeloa gère la fin de son mandat avec un sang-froid qui force le respect — même si, sur le terrain, les tensions avec sa star française restent, elles, bien réelles.


