Antoine Griezmann quitte l’Atletico Madrid sans trophée

Il y a des fins d’histoire que l’on aurait voulu écrire autrement. Celle d’Antoine Griezmann à l’Atletico Madrid s’achève sans fanfare, sans titre, mais avec une ovation dans un stade adverse — peut-être la forme la plus sincère de reconnaissance qui soit.

Ce mardi soir à l’Emirates Stadium, les Colchoneros ont été éliminés en demi-finale de la Ligue des Champions par Arsenal (0-1 à l’aller, 1-1 au retour), mettant un terme définitif à la saison et aux espoirs d’un dernier sacre européen. Pour Griezmann, annoncé partant au terme de dix années passées sous les couleurs rouge et blanc de Madrid, le verdict est sans appel : il ne soulèvera aucun trophée lors de cet ultime exercice.

Une soirée londonienne entre lumières et ombres

À l’Emirates, le meilleur buteur de l’histoire de l’Atletico a livré une prestation à l’image de sa saison : généreuse dans l’effort, frustrante dans l’efficacité. L’international français a multiplié les courses, pesé sur la défense londonienne et trouvé quelques séquences de qualité — dont un centre en retrait millimétré pour Giuliano Simeone et une frappe détournée par David Raya. Il y eut aussi cette action dans la surface où un penalty semblait envisageable, avant qu’une faute de jeu d’un partenaire ne vienne annuler toute réclamation.

Mais les Gunners, omniprésents au milieu de terrain et redoutablement mobiles, n’ont jamais vraiment laissé d’espace. Griezmann a trop souvent opté pour la mauvaise solution sur les transitions rapides, incapable de faire basculer un match qui réclamait un éclair de génie. Ce n’était pas ce soir-là qu’il viendrait.

Un triste record en guise d’épitaphe européenne

Cette rencontre restera sa 120e et dernière en Ligue des Champions. Un chiffre éloquent, qui l’installe sur un podium dont personne ne rêve : celui des joueurs ayant disputé le plus de matchs dans la compétition reine sans jamais la remporter. Seuls Gianluigi Buffon et Zlatan Ibrahimović, avec 124 apparitions chacun, le précèdent. Son coéquipier Koke, avec 118 matches au compteur, ferme la marche de ce club bien involontaire.

La finale de 2016 face au Real Madrid — perdue aux tirs au but, avec ce penalty manqué qui reste une blessure à vif — ne sera donc jamais effacée. Dix ans plus tard, l’histoire bégaie : une finale de Coupe du Roi perdue contre la Real Sociedad (2-2, 4-3 aux t.a.b.), une demi-finale européenne sans lendemain.

Une légende que rien n’entame

Pourtant, au coup de sifflet final, les supporters atleticos présents en masse dans la capitale anglaise ont réservé à leur numéro 8 une haie d’honneur émotionnelle. Car au-delà des trophées manqués, Griezmann incarne une décennie entière d’un club, ses gloires en Liga, ses nuits européennes inoubliables, son attachement viscéral à un maillot qu’il a porté avec une sincérité rare.

Partir sans titre n’efface pas une légende. Cela la rend, parfois, encore plus humaine.