L’équipe de France d’escrime en quête de renouveau avant les Championnats de France

C’est l’heure du grand ménage en interne, à commencer par le départ de Gauthier Grumier de son poste d’entraîneur de l’équipe de France masculine d’épée.

L’équipe de France d’escrime se prépare à participer aux Championnats de France, qui se tiendront à Antony le week-end du 21 décembre. Cet événement marquera le début d’un nouveau cycle pour la fédération, qui a à sa tête un nouveau président, Rémy Delhomme. Après des années de tumultes et de divisions, l’objectif est clair : redresser la barre et ramener l’unité au sein d’une équipe qui a récemment connu des périodes difficiles.

Un redressement nécessaire après une crise interne

Le précédent mandat sous Bruno Gares, qui a démissionné à seulement un mois des Jeux Olympiques, a plongé la fédération dans une grave crise. Un déficit financier de plus d’un million d’euros et des tensions internes majeures entre athlètes et entraîneurs ont terni l’image de l’escrime française. Malgré cela, les résultats sportifs sont restés positifs, avec sept médailles obtenues lors des Jeux Olympiques de Paris. Toutefois, selon Rémy Delhomme, ces performances n’effacent pas la nécessité de rétablir l’unité. Il souligne : « La division ne fait du bien à personne. Elle a même peut-être fait perdre une ou deux médaille d’or aux Jeux. »

Les divisions persistent, notamment du côté des sabreurs, qui continuent de s’entraîner à la Paris Fencing Academy plutôt qu’à l’INSEP. Cette situation est due en partie à l’éviction de Vincent Anstett, entraîneur des sabreurs, en mai 2023. Plusieurs athlètes, comme Maxime Pianfetti et les frères Patrice, ont décidé de quitter l’INSEP pour se concentrer sur les Jeux olympiques de Los Angeles 2028. Sébastien Patrice, médaillé de bronze au Grand Palais, explique : « On s’entraîne toujours à la Paris Fencing Academy, avec en ligne de mire les Jeux olympiques de Los Angeles 2028. »

Pour Brice Guyart, vice-président de la performance haut-niveau, cette situation est problématique. « Les sabreurs et les épéistes, c’est eux qu’on appelle », raconte-t-il. « On va essayer de trouver des solutions. Travailler de son côté, ça ne marche pas. Il faut revenir à une unité. La division ne fait de bien à personne. »

L’épée française face à un futur incertain

Du côté de l’épée, l’incertitude plane autour de deux figures majeures, Yannick Borel et Romain Cannone, qui n’ont pas encore décidé de poursuivre leur carrière. Les tensions avec leurs entraîneurs ont marqué la période pré-olympique, et après la démission d’Hugues Obry, la discipline cherche encore un entraîneur stable. Brice Guyart ajoute : « Yannick et Romain ont raison de prendre leur temps. Romain, c’est quelqu’un qui aime d’autres sports, c’est de là que vient sa créativité sur la piste. Yannick est en Guadeloupe, il n’a pas dit qu’il arrêtait. Il va nous présenter son projet dans les prochaines semaines. »

Réconcilier les athlètes avec leur sport après Paris

Enfin, en fleuret, la priorité est de faire revenir Enzo Lefort et Ysaora Thibus, blessés, et de réconcilier les athlètes avec leur sport, après les tensions créées par la bulle olympique. Pauline Ranvier, l’une des athlètes, témoigne : « C’est très compliqué, je l’ai très mal vécu. Il faut faire le deuil, prendre son temps et retrouver du plaisir et le goût du travail. »

Avec des finances fragiles, des divisions internes et un climat post-JO difficile, la fédération a du travail devant elle. Cependant, la direction est déterminée à remettre l’escrime française sur la voie du succès, avec l’espoir que les efforts de réconciliation permettront de solidifier l’avenir de l’équipe.