Le poids lourd français poursuit sa reconstruction face à un adversaire redoutable. Après quatre succès consécutifs, Yoka affrontera le Britannique Lawrence Okolie à l’Adidas Arena, dans un combat décisif pour sa crédibilité mondiale.
Tony Yoka n’a plus le droit à l’erreur. Trois ans après avoir sombré sur les rings européens, le champion olympique de Rio est de retour sous les projecteurs. À 33 ans, il défiera le 25 avril à Paris le Britannique Lawrence Okolie, un ancien champion du monde lourds-légers désormais bien installé chez les poids lourds. L’affiche, annoncée jeudi par Queensberry Promotions, symbole du retour de Yoka sur une grande scène internationale, promet un duel aussi explosif qu’incertain.
Le combat, programmé à l’Adidas Arena, s’inscrit dans une soirée au parfum de revanche et d’ambition pour la boxe française. En co-main event, Bakary Samaké, 22 ans seulement et déjà invaincu en 19 combats, tentera de confirmer sa montée en puissance face à l’Américain Ermal Hadribeaj lors d’une demi-finale mondiale WBC des super-welters.
Mais tous les regards se tourneront vers Yoka. Le Parisien, désormais recordman de persévérance après ses revers contre Martin Bakole, Carlos Takam et Ryad Merhy entre 2022 et 2023, a patienté, retravaillé son style et retrouvé confiance. Ses quatre dernières sorties, notamment son KO expéditif infligé à l’Allemand Patrick Korte en décembre dernier à Lagos, ont marqué un vrai tournant dans son approche. « Je me sens plus fort qu’avant, physiquement et mentalement. J’ai appris de chaque chute », a-t-il confié jeudi face aux médias.
Okolie, l’adversaire qu’il lui fallait
Face à lui, Lawrence Okolie n’a rien d’un simple test. L’ancien champion WBO des lourds-légers, lui aussi en quête de notoriété chez les lourds, affiche un impressionnant bilan : 23 victoires, dont 17 avant la limite, pour une seule défaite. Depuis son passage chez les lourds fin 2024, il a remporté trois combats sans trembler, assez pour se hisser au 6ᵉ rang mondial selon BoxRec, loin devant Yoka, aujourd’hui 31ᵉ.
« C’est exactement ce que je voulais : des grands noms, des combats qui comptent », s’est réjoui Yoka. Okolie, lui, promet de frapper fort : « Je me sens à mon meilleur niveau. J’étais trop à l’étroit chez les lourds-légers, maintenant je boxe sans contrainte. »
Les deux hommes partagent le même promoteur, Frank Warren, patron de Queensberry Promotions, qui voit dans ce duel une opportunité d’ouvrir à Yoka les portes du Top 10 mondial. Mais la marche sera haute : Okolie, plus explosif et dangereux en courte distance, reste une menace sérieuse pour le Français, encore en quête d’un vrai combat référence chez les pros.
Au-delà de ce choc, l’année 2026 pourrait offrir à Yoka une revanche attendue contre Martin Bakole, cette fois en République démocratique du Congo, où les deux boxeurs ont pris licence. Une rencontre symbole de son long parcours de reconquête — et, peut-être, d’un retour au sommet qu’il n’a jamais cessé de viser.

