Le Jurassien offre une ultime médaille à l’équipe de France lors d’une course dantesque à Antholz, conclue sous le soleil mais dans un vent piégeur.
Quentin Fillon Maillet a conclu ses Jeux Olympiques de Milan-Cortina par une médaille de bronze arrachée au courage. Sur la mass start, dernière épreuve masculine du biathlon, le Français a joué avec les éléments et les nerfs, dans une compétition où le vent a redistribué les cartes à chaque passage au pas de tir. Face à la précision clinique du Norvégien Johannes Dale, sacré champion olympique avec un impressionnant 20/20, le Jurassien a su rester dans la bataille malgré un ultime tir sanctionné d’une faute.
Un final sous tension, le vent en juge
Si Émilien Jacquelin avait animé les premiers tours en tête, c’est bien Fillon Maillet qui a porté les derniers espoirs tricolores jusqu’au bout. Troisième à la sortie du dernier pas de tir, à six secondes de Justus Strelow Horn, il a tout donné sur les ultimes hectomètres pour s’assurer le podium. L’Allemand, à bout de souffle, n’a pu résister à la remontée du Français, dont le finish rageur a rappelé le grand compétiteur qu’il demeure. Devant, Dale s’est envolé vers l’or devant son compatriote Sturla Holm Laegreid, auteur d’une course solide malgré une faute.
Sur un pas de tir balayé par les rafales, la sélection naturelle a été rude. Fabien Claude, Éric Perrot et Émilien Jacquelin ont été distancés dès la mi-course après plusieurs tours de pénalité. Fillon Maillet, lui, a résisté mieux que quiconque à la tempête mentale et physique, confirmant son statut de pilier de l’équipe de France, quatre ans après Pékin.
Cette médaille de bronze apporte une touche de fierté et d’émotion à la délégation tricolore. En patron discret mais indestructible, Quentin Fillon Maillet quitte Antholz avec un nouveau podium olympique et le sentiment du devoir accompli. Une conclusion à l’image de sa carrière : exigeante, régulière et profondément humaine.

