Il incarnait à lui seul une époque, une philosophie du jeu et une fidélité absolue à ses convictions. Oscar Schmidt, figure tutélaire du basket brésilien et shooteur hors norme, est décédé vendredi 17 avril 2026 à São Paulo, à l’âge de 68 ans.
La Confédération brésilienne de basket (CBB) et sa famille ont confirmé la nouvelle, sans préciser la cause exacte du décès. L’ancien champion luttait depuis plusieurs années contre une tumeur cérébrale et avait été hospitalisé dans la journée même de sa mort.
Une carrière hors du commun
Pendant près de trois décennies — de 1974 à 2003 —, Oscar Schmidt a empilé les paniers avec une régularité déconcertante. Au total, ce sont 49 737 points qu’il a inscrits en clubs et en sélection nationale, un record mondial colossal qui a tenu jusqu’en 2024, date à laquelle LeBron James l’a finalement dépassé. Son surnom, mão santa — la main sainte — n’avait rien d’une hyperbole.
Drafté en 1984 par les New Jersey Nets, la même année que Michael Jordan aux Chicago Bulls, Schmidt a pris une décision qui a marqué sa légende : il a refusé la NBA. Les règles de l’époque lui auraient imposé de renoncer à la sélection brésilienne, une perspective qu’il a toujours jugée inacceptable. Ce choix, loin de le diminuer, a forgé son identité : joueur de clubs européens (Italie, Espagne) et brésilien jusqu’au bout, avant de raccrocher à 45 ans sous le maillot de Flamengo.
Le meilleur marqueur de l’histoire olympique
Sur la scène internationale, Oscar Schmidt a atteint des sommets que peu d’athlètes peuvent revendiquer. Il a participé à cinq éditions des Jeux olympiques consécutifs, de Moscou 1980 à Atlanta 1996, et reste à ce jour le meilleur scoreur de l’histoire des Jeux avec plus de mille points au compteur. Une performance unique, qui illustre autant sa longévité exceptionnelle que sa constance technique.
Ce rendez-vous manqué avec la grande ligue américaine a trouvé une forme de réparation symbolique en 2017, lorsqu’il a participé au match des célébrités du All-Star Game NBA, ovationné par un public conquis par son mythe.
Une icône qui redéfinit les limites
« Le meilleur joueur de l’histoire du basket brésilien tire sa révérence en tant qu’icône absolue, laissant un héritage qui a repoussé les frontières de ce que l’on croyait possible sur un terrain », a déclaré la CBB dans son communiqué officiel, ajoutant que « sa disparition marque la fin d’une ère ».
Sur Instagram, son fils Felipe a rendu hommage à l’homme derrière la légende : « Aujourd’hui, le monde perd une idole. Moi, je perds mon père. Repose en paix, papa. »
Marié et père de deux enfants, Oscar Schmidt laisse derrière lui bien plus que des statistiques. Il laisse l’image d’un athlète qui a choisi ses valeurs plutôt que la gloire commerciale — et qui, ce faisant, est devenu immortel.


