Il y a des sacres qui ne surprennent personne, et pourtant qui marquent une époque.
Lundi 20 avril 2026, la NBA a officiellement couronné Victor Wembanyama meilleur défenseur de la saison régulière. Le pivot des San Antonio Spurs devient, à 22 ans seulement, le plus jeune joueur de l’histoire à décrocher cette distinction. Un record de plus au palmarès d’un phénomène qui semble collectionner les premières fois comme d’autres accumulent les minutes de jeu.
Un verdict sans appel
Rarement un trophée aura été aussi unanimement anticipé. Le panel de journalistes accrédités par la ligue — dont fait partie l’AFP — l’a désigné premier choix à la totalité des voix, une situation inédite depuis la création du trophée lors de la saison 1982-1983. La domination de « Wemby » sur ce plan n’était tout simplement pas contestable.
Ses chiffres parlent d’eux-mêmes : 3,1 contres par match en moyenne, un total qui le place très loin devant tous ses concurrents. Son record personnel cette saison ? Neuf contres en un seul match, face aux Pelicans en octobre, lors d’une victoire arrachée en prolongation. Mais au-delà des statistiques, c’est l’impression visuelle qui frappe : à 2,24 mètres, Wembanyama se déplace avec une fluidité qui défie la logique, rendant chaque tentative adverse au cercle potentiellement vaine.
L’héritage français en bonne main
Avec ce titre, le natif du Chesnay s’inscrit dans une lignée tricolore déjà prestigieuse. Avant lui, deux Français avaient gravé leur nom sur ce trophée : Joakim Noah en 2014, et Rudy Gobert à quatre reprises (2018, 2019, 2021, 2024). Wembanyama succède quant à lui à Evan Mobley, l’intérieur de Cleveland, sacré l’an passé dans des circonstances particulières : Wembanyama, victime d’une thrombose veineuse profonde en février 2025, avait dû déclarer forfait pour le reste de l’exercice, laissant la voie libre à son rival.
Cette saison, rien ni personne ne l’a arrêté.
Les Spurs, la révélation de l’Ouest
L’impact de Wembanyama dépasse le cadre individuel. Porté par son géant, San Antonio a terminé à la deuxième place de la conférence Ouest, une performance que peu d’observateurs avaient envisagée en début de saison. La défense du Français a littéralement restructuré l’identité collective des Spurs, transformant une franchise en reconstruction en prétendant crédible.
Le MVP en ligne de mire
Si le Defensive Player of the Year récompense l’excellence défensive, c’est bien le trophée MVP qui cristallise toutes les ambitions de Wembanyama cet été. Avec 25,0 points, 11,5 rebonds et moins de 30 minutes par match en moyenne, il présente la ligne statistique la plus aboutie de sa jeune carrière. Il figurait d’ailleurs parmi les trois finalistes aux côtés de Shai Gilgeous-Alexander (Oklahoma City Thunder) et Nikola Jokic (Denver Nuggets), triple lauréat du titre.
Premiers playoffs, premières flammes
En attendant l’annonce du MVP, Wembanyama a ouvert ses playoffs en grande pompe : 35 points inscrits dimanche face aux Portland Trail Blazers lors du premier match de série. La suite s’annonce vertigineuse. En cas de qualification pour le second tour, il pourrait croiser la route de Jokic — son concurrent au MVP — ou de Rudy Gobert et Minnesota.
Une chose est sûre : l’histoire de Victor Wembanyama est en train de s’écrire, et chaque chapitre dépasse le précédent.

