Ils appellent ça la « French Takeover ». Jamais autant de joueurs tricolores n’avaient foulé les parquets de la NBA en même temps : 19 à l’ouverture de la saison 2025-26, un record absolu. Pendant que la France traite chaque joueur dans son coin, l’Amérique, elle, a déjà compris qu’il se passait quelque chose d’historique.
Dix-neuf. C’est le chiffre que répètent en boucle The Basketball Network et NBA.com depuis le coup d’envoi de la saison 2025-26. Dix-neuf Français inscrits sur les feuilles de match à l’ouverture — un record qui pulvérise tous les précédents. Pour mettre ce chiffre en perspective : la France fait mieux que des pays de 300 millions d’habitants, avec une population de 68 millions. Les analystes américains ne cherchent plus à expliquer le phénomène joueur par joueur. Ils ont une formule, simple et définitive : French Takeover.
Ce narratif, c’est Tony Parker lui-même qui l’incarne le mieux. L’ex-meneur des San Antonio Spurs, quadruple champion NBA et pionnier de toute une génération, a confié à Yahoo Sports : « On est sur une belle vague en ce moment. » Une vague, oui — mais construite sur des décennies de travail structurel. Les centres de formation à la française, l’INSEP, les académies des clubs pro, et surtout un système qui valorise la lecture du jeu et la polyvalence ont fabriqué une génération capable de s’imposer dans la ligue la plus compétitive du monde. Ce n’est pas un accident. C’est un modèle.
Le paradoxe, c’est que cette domination est mieux racontée à New York ou à Los Angeles qu’à Paris. Les médias français couvrent Wembanyama, Fournier ou Ntilikina chacun dans leur couloir, sans jamais embrasser la vision d’ensemble. Pourtant, c’est précisément cette vision globale qui fascine l’Amérique — et qui devrait rendre fiers les fans de basket en France. Une nation qui pèse 19 représentants dans la meilleure ligue du monde, c’est une histoire collective. Il est temps de la raconter comme telle.


