Avant de débuter le Dakar 2019 au Pérou, Sébastien Loeb parle de ses ambitions et ses objectifs. La course se déroule du 7 au 17 janvier 2019.

 

On vous avait quitté l’année dernière sur un abandon et vous revoilà. L’envie était trop forte ?

“Quand j’ai fini l’an dernier… Ou plutôt, quand j’ai pas fini l’an dernier, l’envie n’était pas forcément là, je pensais à autre chose. Je savais que Peugeot arrêtait et moi, je ne cherchais pas une solution pour revenir. Et puis, le temps a passé et on ne retient que les bons souvenirs. Un jour, on se dit ‘tiens, pourquoi pas y retourner quand même?’. Et voilà…”

Ce Dakar 100% sable ne vous est pourtant pas favorable…

“C’est clair que, sur le papier, ce n’est pas un Dakar qui m’est favorable. Mais je viens avec un team privé, pour prendre du plaisir. Je me suis aussi dit qu’on n’avait pas souvent l’occasion de rouler dans des endroits comme ici. C’est des images qu’on retient même s’il y a des moments difficiles. Je me suis dit que le faire en privé, c’était aussi une autre approche, différente, plus cool, plus détendue… Et ça me plaisait bien de repartager cette expérience avec Daniel (Elena, son copilote).”

Comment allez-vous approcher ce rallye-raid ?

“Je vais rouler comme je sais le faire. C’est un rallye compliqué pour nous car les dunes, ce n’est pas mon point fort. En navigation, on a fait des bons trucs mais on n’a pas l’expérience d’un Peterhansel ou d’un Cottret… On a acquis de l’expérience au fil des années et on n’a pas été ridicules l’an dernier sur les spéciales ici. L’objectif, c’est de faire mieux. Après, c’est toujours dur de faire un pronostic sur un rallye comme celui-là. Il va être compliqué, ça va se jouer plus sur le temps perdu que sur le chrono pur. Le temps qu’on perd à pelleter, à chercher un +waypoint+… ça va plus se jouer là dessus. Pas comme sur les premiers Dakars où ça partait sur des spéciales WRC et on faisait des écarts à plus d’une minute. Ce n’est pas le même esprit: je vais avoir plus de mal à exploiter mes qualités de pilote WRC mais on verra bien, on fera au mieux.”

Avec vous, Peterhansel, al-Attiyah, Despres, Roma, Sainz… il y a vraiment du beau monde.

“Ce sera ouvert, d’autant que moi, j’ai une Peugeot d’il y a deux ans. Les Mini ont progressé, al-Attiyah est dans le coup. Les 4×4 sont dans le coup dans les dunes alors que nous, on n’a pas le droit à l’erreur. Nous, si on s’arrête, on tanke. Ce n’est pas la performance pure qui va faire la différence. Mais, même avec une voiture moins récente, il y a moyen de faire de bons trucs”.

Dans quels domaines avez-vous progressé depuis votre premier Dakar ?

“Si le premier Dakar avait était comme celui-là, pas sûr qu’on aurait trouvé le premier +waypoint+. On a beaucoup progressé dans la lecture des dunes, dans la navigation pure. Il faut savoir garder un cap, c’est une expérience générale, les kilomètres que tu fais hors piste, que moi je découvrais il y a quelques années. Les dunes, c’est toujours compliqué, ça reste piégeux… Il y a des trous, des dunes cassées, il n’y a pas toujours de visibilité. Il faut toujours être vigilant”.

Comment se sont passés les derniers essais ?

“J’en avais besoin car je n’avais eu que des essais courts avec la voiture. C’était intéressant pour se familiariser avec le paysage des dunes, les franchir, avoir le temps de ralentir pour passer ici ou là, de s’habituer à rouler dans un tel environnement qui n’est pas naturel pour moi. Quand on voit certains qui sont nés dedans, ils ont facilité, une lecture… Nous, des fois, on est tanké avec notre voiture et il y a un local qui arrive, tranquille, avec sa petite camionnette, qui se gare à côté, nous regarde et dit ‘ça va?’ Il n’est pas pilote mais il a l’habitude et la technique”.