Keely Hodgkinson fait tomber le record du monde du 800 m en salle à Liévin

La Britannique, championne olympique à Paris en 2024, a signé une performance historique jeudi soir dans le Pas-de-Calais, s’emparant d’un record symbolique vieux de 24 ans.

Keely Hodgkinson a tenu parole. À 23 ans, la Britannique a franchi une nouvelle étape dans sa carrière en explosant le record du monde du 800 m en salle, jeudi soir à Liévin. En 1 min 54 s 87, elle a effacé des tablettes la marque établie par la Slovène Jolanda Ceplak le 3 mars 2002 — le jour même où Hodgkinson venait au monde. Une coïncidence savoureuse et pleine de sens pour celle qui ne cesse de repousser les limites de sa discipline.

La soirée nordiste avait déjà offert son lot d’émotions, mais l’ambiance a soudain changé lorsque la Britannique s’est élancée pour la dernière course du meeting. Partie vite, précise dans ses allures, Hodgkinson a tenu un tempo redoutable avant de lâcher ses concurrentes dans un dernier tour rageur. À l’arrivée, le chronomètre a affiché 1 min 54 s 87. Presque une seconde de mieux que l’ancienne référence mondiale (1 min 55 s 82).

Une promesse tenue

Depuis plusieurs mois, la coureuse de Wigan avait annoncé la couleur. « Ce record, il me revient », affirmait-elle encore mercredi en conférence de presse, la veille de sa prouesse. Sa préparation méticuleuse, allégée des pépins physiques qui l’avaient freinée l’année dernière, laissait augurer un grand moment.

Cet hiver, Hodgkinson avait déjà montré sa forme éclatante lors des championnats britanniques, où elle avait signé le troisième meilleur chrono de l’histoire (1 min 56 s 33) sans lièvre ni balisage lumineux pour guider son rythme. Cette performance, accomplie dans le silence presque ascétique d’une course solitaire, annonçait qu’elle tenait la forme de sa vie.

L’hiver précédent, elle avait été contrainte de mettre entre parenthèses cette quête après une blessure au genou, avant qu’une gêne aux ischios ne vienne perturber son été. Malgré cela, elle avait décroché le bronze aux Mondiaux de Tokyo en septembre. Revenir, guérie et sereine, pour réécrire l’histoire des 800 m en salle, relève presque du symbole.

L’émotion de Liévin

Après sa course, Keely Hodgkinson n’a pas quitté la piste immédiatement. La salle de Liévin, déjà à moitié vide, est restée suspendue à son sourire. La championne a pris le temps de saluer les spectateurs restés sur les gradins, notamment des jeunes supporters brandissant des pancartes à son nom. Une scène pleine d’émotion qui rappelle à quel point la Britannique s’est imposée comme une figure inspirante, bien au-delà de l’athlétisme.

Cette victoire record pourrait n’être qu’une étape. Hodgkinson a confirmé qu’elle testerait prochainement sa vitesse sur 400 m, avant de viser les Mondiaux en salle de Torun, mi-mars, en Pologne. À la voir dominer avec autant de maîtrise et de joie, une impression s’impose : ce record n’est peut-être qu’un début.