Le président de World Athletics, Sebastian Coe, a tranché : les sportives transgenres ne pourront pas participer aux Jeux olympiques de Los Angeles en 2028 sous bannière féminine. Une décision historique qui relance un débat mondial sur l’équité sportive, l’inclusion et l’avenir des compétitions internationales.
La fédération internationale d’athlétisme (World Athletics) a confirmé l’exclusion des athlètes transgenres des catégories féminines pour les Jeux olympiques de Los Angeles 2028. À la tête de l’instance depuis 2015, Sebastian Coe assume pleinement ce choix sans ambiguïté : selon lui, cette règle vise avant tout à « protéger le sport féminin » face aux avantages physiologiques potentiels liés à une puberté masculine. Cette position s’inscrit dans la continuité d’une politique amorcée dès 2023, lorsque World Athletics avait déjà interdit aux femmes transgenres de concourir dans les épreuves féminines d’athlétisme sur le circuit international. À l’approche des Jeux de LA28, la fédération durcit son cadre réglementaire et entend donner le ton à l’ensemble du mouvement olympique.
Cette interdiction relance avec force un débat qui divise profondément la communauté sportive internationale. D’un côté, des scientifiques et des fédérations invoquent les études sur la rétention de masse musculaire et la densité osseuse chez les femmes transgenres ayant traversé une puberté masculine, estimant que l’égalité des chances en compétition est compromise. De l’autre, des associations de défense des droits LGBTQ+, des athlètes transgenres et une partie de la société civile dénoncent une discrimination systémique et une exclusion qui envoie un message dévastateur aux sportifs et sportives transgenres du monde entier. Le Comité international olympique (CIO), dont le cadre de 2021 prônait l’inclusion, se retrouve lui dans une position délicate, laissant chaque fédération internationale définir ses propres critères d’éligibilité — une mosaïque réglementaire source de confusion et d’inégalités selon les disciplines.
À deux ans des Jeux de Los Angeles, l’onde de choc générée par la position de World Athletics pourrait inciter d’autres fédérations — natation, cyclisme, haltérophilie — à aligner leurs règlements sur ce modèle restrictif. Les LA28 s’annoncent comme une édition charnière, non seulement sur le plan sportif, mais aussi sur le plan éthique et sociétal. La question centrale reste entière : comment le sport de haut niveau peut-il concilier équité de la compétition et inclusion de toutes les identités ? Sebastian Coe, lui, a fait son choix. Et ce choix, assumé et médiatisé à l’échelle planétaire, va durablement peser sur l’avenir des règles d’éligibilité olympique bien au-delà de l’athlétisme.

