Ce samedi, City affronte Chelsea en finale de la FA Cup avec la League Cup déjà au palmarès. Un doublé en coupe est à portée — mais sans le titre en Premier League, qu’Arsenal est en train de leur voler. Guardiola joue sa saison sur 90 minutes, avec Rodri suspendu à un fil.
Il y a des saisons qui se jouent à l’envers. Manchester City est en train d’en vivre une. Ce samedi 16 mai, Pep Guardiola et ses hommes foulent la pelouse de Wembley pour disputer la finale de la FA Cup face à Chelsea. League Cup déjà soulevée en mars, FA Cup à portée de bras — sur le papier, c’est une saison dorée. Sauf que le titre de Premier League, lui, est en train de filer vers Arsenal. Et ça change tout à la lecture de cette finale.
Le doublé qui ne devrait pas suffire
City avait tout pour réaliser le grand chelem domestique. Après une première partie de saison remarquable, les Citizens semblaient sur la bonne trajectoire. Puis le 3-3 à Everton début mai a tout fait basculer : en laissant filer deux points dans les arrêts de jeu, Guardiola voyait le titre lui échapper des mains. Depuis, la course au championnat est simple à résumer — Arsenal doit trébucher, et les Gunners n’en montrent aucune intention.
Alors ce Wembley prend une autre dimension. Gagner la FA Cup ce soir, c’est valider un doublé en coupe, c’est sauver l’honneur d’une saison qui risquait de paraître creuse malgré ses richesses. Perdre, c’est rentrer à Manchester avec le goût amer d’une année à deux visages.
Rodri, l’ombre portée sur tout le reste
Au cœur de l’incertitude, un homme. Rodri, Ballon d’Or en titre, absent depuis quatre matchs consécutifs après une blessure au mollet contractée face à Arsenal fin avril. Le milieu espagnol a voyagé avec le groupe jusqu’à Londres, mais sa présence dans le onze de départ reste une inconnue totale. Guardiola, en conférence de presse vendredi, a refusé de trancher : « On verra. Il va voyager avec nous, et on verra. »
Tout City tient dans cette phrase. Avec Rodri, la machine reprend son équilibre, ses automatismes, sa capacité à contrôler les matches dans leurs moments les plus tendus. Sans lui, Kovacic et Nico González ont bien compensé, mais une finale à Wembley contre une équipe fraîche, c’est autre chose.
Chelsea reposé, City épuisé : le détail qui fait peur
Car l’autre ombre sur cette finale, Guardiola l’a lui-même nommée. Chelsea dispose d’une semaine pleine de repos avant d’entrer sur la pelouse de Wembley. City, lui, a joué Crystal Palace mercredi soir en Premier League — et Haaland, Doku et Cherki avaient dû être ménagés pour tenir le coup ce soir. La préparation n’est « pas idéale », a concédé le manager catalan, avec un talent rare pour l’euphémisme.
C’est là le vrai paradoxe de cette finale. City est l’équipe la plus titrée de la décennie en Angleterre, la machine la mieux huilée du football européen. Et pourtant, ce samedi, ce sont les Blues qui arrivent à Wembley avec l’avantage physique, le bloc reposé, et une revanche à prendre après leur 3-0 concédé plus tôt dans la saison.
Un doublé en coupe serait beau. Mais pour City, il ressemblerait à un titre de consolation. Et Guardiola, lui, n’a jamais vraiment aimé consoler.

