Il devait signer son grand retour en douceur. Il a préféré mettre le feu. Kylian Mbappé a repris la compétition jeudi soir lors de la victoire du Real Madrid face à Oviedo (2-0), trois semaines après s’être blessé aux ischio-jambiers. Entré en jeu à la 69e minute, le capitaine des Bleus n’a pas laissé d’empreinte particulière sur la pelouse. En revanche, ses déclarations d’après-match ont immédiatement enflammé la presse espagnole.
« J’étais prêt à être titulaire »
Face aux journalistes en zone mixte, Mbappé n’a pas mâché ses mots. L’attaquant de 27 ans a affirmé s’être senti pleinement rétabli, revendiquant une place dans le onze de départ. Selon lui, c’est son entraîneur Alvaro Arbeloa qui l’en aurait dissuadé avec un argument cinglant : il serait le quatrième attaquant de l’effectif, derrière Gonzalo, Vinicius et Mastantuono. « J’accepte sa décision, mais j’imagine que je dois travailler plus dur », a-t-il lâché, sur un ton qui ne laissait guère de place à l’ambiguïté.
Le Français en a profité pour évoquer son ancien coach Xabi Alonso, avec une forme de nostalgie teintée de regret : « On avait une structure, une idée de jeu. On avait tout. Puis on a tout perdu en deuxième partie de saison. »
Arbeloa dément fermement
Quelques minutes plus tard, en conférence de presse, Arbeloa a démenti point par point. Jamais il n’aurait tenu de tels propos à son joueur. Sa version : Mbappé n’était tout simplement pas en condition suffisante pour débuter, avec un autre match programmé seulement trois jours plus tard. « Il n’était même pas sur le banc il y a quatre jours. Je ne voulais prendre aucun risque », a-t-il justifié.
L’entraîneur merengue a également rappelé qui détenait l’autorité : « Je décide qui joue et qui ne joue pas. Si un joueur n’aime pas ça, il peut attendre le prochain entraîneur. » Une phrase qui résonne d’autant plus fort qu’Arbeloa lui-même semble avoir les jours comptés sur le banc du Bernabéu.
Une bombe médiatique dans un vestiaire déjà sous tension
Les deux grands quotidiens sportifs madrilènes se sont saisis de l’affaire sans retenue. AS titre sur « Mbappé en guerre », tandis que Marca évoque une attaque directe contre son entraîneur.
Qui dit vrai ? Difficile à trancher. Mais une chose est certaine : dans un Real Madrid fragilisé par une seconde partie de saison décevante, cet épisode tombe au pire moment. Et Mbappé, qu’il le veuille ou non, en est l’architecte.


