Recruté l’été dernier pour une poignée de millions, le milieu malien Mamadou Sangaré est devenu en quelques mois l’un des joueurs les plus convoités de Ligue 1. Les plus grands clubs anglais seraient prêts à sortir le chéquier. RC Lens, lui, joue une partition plus complexe.
Il y a des trajectoires qui donnent le vertige. Il y a un an, Mamadou Sangaré évoluait au Rapid Vienne, dans le championnat autrichien. Aujourd’hui, à 23 ans, son nom circule dans les plus hautes sphères du mercato européen, associé à des chiffres que Lens n’avait encore jamais vus pour l’un de ses joueurs. Jusqu’à 50 millions d’euros. Un montant qui ferait de lui le transfert le plus cher de l’histoire du club sang et or, devant Loïs Openda et Abdukodir Khusanov.
Une révélation qui n’a surpris que les autres
Ceux qui avaient suivi de près le recrutement lensois à l’été 2025 savaient qu’ils tenaient quelque chose. Recruté au Rapid Vienne pour environ 8 millions d’euros, Sangaré s’est rapidement imposé comme le métronome de l’entrejeu artésien. Box-to-box dans l’âme, il allie récupération, projection vers l’avant et une capacité à tenir le ballon sous pression qui tranche avec la moyenne du championnat. Titulaire indiscutable, international malien, il est aujourd’hui valorisé à 30 millions d’euros sur Transfermarkt — et le marché réel semble vouloir aller bien au-delà.
Car ce ne sont pas des clubs anodins qui se positionnent. Selon des informations recoupées auprès d’une dizaine de sources concordantes, Liverpool intensifierait son intérêt, poussé par l’insider James Wathland. Chelsea serait prêt à formuler une offre XXL de 45 à 50 millions d’euros, potentiellement assortie d’un prêt retour d’un an à Lens — une stratégie bien rodée dans le système BlueCo, déjà expérimentée avec Strasbourg. Tottenham, Manchester United et la Juventus compléteraient une liste de prétendants qui ressemble davantage à un plateau de Ligue des champions qu’à un mercato ordinaire.
Lens face à l’équation impossible
Du côté de Bollaert, la situation est délicate. Mamadou Sangaré est sous contrat jusqu’en 2030 — Lens n’est donc pas dos au mur, et peut se permettre de négocier en position de force. La plus-value potentielle est colossale : multiplier par six la mise de départ en moins d’un an, c’est exactement le modèle économique que l’actionnaire Joseph Oughourlian a construit et défendu depuis des années.
Mais vendre un pilier en pleine course pour le top 4 de Ligue 1, c’est aussi prendre un risque sportif considérable. Le RC Lens joue sur deux tableaux, et perdre son meilleur milieu en cours de route pourrait compromettre une saison qui s’annonce décisive.
Le joueur lui-même, interrogé début mai, a choisi la sobriété : focus sur la fin de saison, pas de commentaire sur son avenir. Une discrétion qui n’a rien d’une dérobade — c’est celle d’un garçon qui sait exactement où il en est.
Un assaut estival qui semble inévitable
Aucune offre ferme n’a pour l’instant atterri sur le bureau lensois. Mais tous les signaux pointent vers un été agité. La mécanique est enclenchée, les émissaires sont passés à Bollaert, et le dossier ne fera que grossir à mesure que la fenêtre de transferts approchera.
Pour Lens, la question n’est peut-être plus de savoir si Sangaré partira, mais à quel prix — et dans quelles conditions.
À 50 millions d’euros, la réponse s’écrit d’elle-même.

