Dopage : Alysha Newman, médaillée de bronze à Paris 2024 suspendue 20 mois — Los Angeles 2028 en péril

Elle avait fait twerker le Stade de France avec son record canadien à 4,85 m en finale des JO de Paris 2024. Elle avait pleuré, dansé, célébré la première médaille olympique d’une perchiste canadienne en 112 ans. Un an et demi plus tard, Alysha Newman, 31 ans, est au cœur d’une affaire antidopage qui brise net son élan : suspendue 20 mois par l’Unité d’intégrité de l’athlétisme pour manquement à ses obligations de localisation, elle voit sa route vers Los Angeles 2028 sérieusement compromise.

La sentence est tombée vendredi 1er mai 2026 sans appel. L’AIU a suspendu Alysha Newman pour 20 mois, à compter du 3 décembre 2025, pour manquements liés à sa localisation. En clair, la perchiste canadienne n’a pas respecté à trois reprises l’obligation de signaler sa localisation aux contrôleurs antidopage — une règle fondamentale du système mondial de lutte contre le dopage qui permet d’effectuer des contrôles inopinés. Elle avait été suspendue provisoirement le 3 février dernier pour avoir manqué trois contrôles en douze mois, le 27 février 2025 ainsi que les 17 et 23 août 2025. Elle n’a plus concouru depuis le meeting de Ligue de Diamant de Rabat, au Maroc, le 25 mai 2025. Trois absences, trois manquements, une carrière suspendue au-dessus du vide.

Le contraste avec le récit de Paris 2024 est saisissant. Au Stade de France, le 7 août 2024, Alysha Newman avait franchi la barre à 4,85 mètres — un record national et une première médaille olympique pour une Canadienne au saut à la perche depuis William Halpenny aux JO de Stockholm en 1912. Rayonnante, elle avait conclu la soirée par un twerk mémorable devant des dizaines de milliers de spectateurs, résumant à elle seule l’esprit festif et libéré de ces Jeux de Paris. Cette victoire avait une saveur particulière pour une athlète qui avait traversé des années noires : en 2021, trois mois avant les Jeux de Tokyo, elle avait subi une grave commotion cérébrale en glissant dans la baignoire d’un hôtel, avant de sombrer dans une forte anxiété et une consommation excessive d’alcool. Paris 2024 était sa renaissance. La suspension de 2026 ressemble à une nouvelle chute.

Le calendrier est impitoyable. Avec une suspension de 20 mois à compter du 3 décembre 2025, Alysha Newman ne pourrait théoriquement retrouver les pistes de compétition qu’à partir du mois d’août 2027 — soit moins d’un an avant les Jeux olympiques de Los Angeles 2028 prévus du 14 au 30 juillet. La Canadienne de 31 ans devra non seulement retrouver son niveau après une très longue période d’inactivité, mais aussi se requalifier dans les délais imposés par World Athletics pour décrocher son billet olympique. Un défi colossal pour une athlète au palmarès pourtant immense — championne des Jeux du Commonwealth, vice-championne du monde indoor — mais dont le temps joue désormais contre elle. L’affaire Newman rappelle avec brutalité que dans le sport de haut niveau, les obligations de localisation ne sont pas une formalité administrative : elles sont le fondement même de la crédibilité de la compétition.