Il avait enfin retrouvé son football. Puis son corps a lâché.
Après des mois de galère sur le banc de l’ASSE, Lucas Stassin semblait sur le point de se relancer lorsqu’une blessure au mollet, contractée en sélection belge fin 2025, est venue tout interrompre. Quelques semaines d’absence, sur le papier. Une éternité, dans les faits, pour un attaquant qui cherchait encore à convaincre.
Le mollet, l’ennemi invisible
Les blessures musculaires ont ceci de sournois qu’elles n’interrompent pas seulement le corps — elles brisent le rythme, la confiance, la dynamique. Pour Stassin, déjà esseulé dans un club relégué en Ligue 2 et privé d’un transfert avorté l’été précédent, le timing était particulièrement cruel. Muet depuis septembre, relégué au rang de remplaçant de luxe par Eirik Horneland, il disparaît encore des radars pendant plusieurs semaines. Le retour est annoncé début janvier — mais dans quel état physique et mental ?
Le retour, puis la renaissance
La réponse arrive avec Philippe Montanier. Le nouvel entraîneur voit en Stassin ce que son prédécesseur ne semblait plus vouloir voir : un attaquant de qualité, capable de peser sur une défense de Ligue 2. Titularisé, relancé, le Belge enchaîne les performances. Dix buts, sept passes décisives toutes compétitions confondues depuis sa pleine remise en forme. Suffisant pour décrocher une convocation en équipe nationale belge et nourrir l’espoir d’une participation à la Coupe du Monde 2026.
La blessure, finalement, n’aura été qu’une parenthèse. Douloureuse, mais refermée.
Le spectre d’un nouveau coup dur
Sauf que le 26 avril, face à Troyes — champion de Ligue 2 — Stassin disparaît à nouveau. Pas sur blessure cette fois, mais dans le jeu : l’ASSE s’incline 0-3 à domicile, et lui reste muet. Les Verts glissent à la troisième place, doublés par Le Mans, synonyme de barrages plutôt que de montée directe. Dans ce contexte, chaque contre-performance de l’attaquant prend une résonance particulière — le fantôme des mois difficiles plane encore.
Car la question que personne ne dit tout haut, elle est là : est-ce que Stassin, après une blessure longue et une saison à rebondissements, a vraiment retrouvé sa pleine forme physique ? Ou bien les exigences des matchs décisifs révèlent-elles encore quelques limites ?
Sa promesse, deux finales pour la tenir
Pour l’heure, l’intéressé balaye les doutes. Interrogé par beIN Sports après la défaite contre Troyes, Stassin l’affirme : l’ASSE va monter, et il sera là la saison prochaine. Une déclaration forte, assumée, qui tranche avec les rumeurs de départ qui agiteront sans doute le prochain mercato estival — son profil, son contrat courant jusqu’en 2028 et son regain de forme ne manqueront pas d’attirer des courtisans.
Mais avant cela, il reste deux matchs. Deux finales pour valider la montée en Ligue 1, condition implicite à tout le reste. Pour Stassin, c’est aussi deux occasions de prouver que la blessure n’a laissé aucune séquelle — physique ou mentale — et que le meilleur de lui-même est bien là, disponible quand ça compte vraiment.
L’ASSE a besoin de lui à 100 %. Et lui a besoin de l’ASSE pour rebondir là où tout a commencé à dérailler. Le destin des deux parties est encore lié, pour quelques matchs au moins.

