Pour le choc entre le Paris Saint-Germain et le Bayern Munich en demi-finale aller de Ligue des champions, l’UEFA a tranché : c’est le Suisse Sandro Schärer, 37 ans, qui officiera au sifflet. Un choix qui surprend, voire interroge. Expérience limitée en C1, longue absence de la compétition cette saison, et surtout une neutralité géographique qui pose question pour un duel franco-allemand.
Sandro Schärer, c’est un nom qui ne fait pas encore l’unanimité sur la scène européenne. L’arbitre helvétique peut certes se targuer d’un beau palmarès sur le papier : il a dirigé la finale de la Ligue des Nations 2025 à Munich — tiens, tiens — avec Ruiz, Vitinha, Mendes et Neves au programme, ainsi que la Supercoupe d’Europe 2025. Deux rendez-vous prestigieux, incontestablement. Mais sa culture de la Ligue des champions reste mince : seulement 19 matches au compteur au total en C1, ce qui en fait l’un des arbitres les moins expérimentés pouvant prétendre à une demi-finale de la compétition reine de l’UEFA. Pour un match à cet enjeu, le choix interpelle.
Ce qui interpelle encore davantage, c’est la trajectoire de Schärer au cours de la saison en cours. L’UEFA ne l’avait plus sollicité en Ligue des champions depuis… le huitième de finale retour entre le Sporting Portugal et Bodø/Glimt. Un match loin des sommets de l’élite. Depuis, il avait été redirigé vers l’Europa League, arbitrant notamment le quart de finale retour entre Bologne et Aston Villa. Autrement dit, l’instance européenne elle-même ne le jugeait pas encore prêt pour les phases finales de la C1 — jusqu’à cette nomination surprise pour l’une des deux demi-finales les plus attendues du continent.
Reste enfin la question qui fâche : celle de la neutralité. L’UEFA s’est toujours montrée intransigeante sur ce principe, veillant scrupuleusement à ne pas désigner un arbitre issu d’un pays en lien avec les clubs en présence. Or Sandro Schärer est Suisse allemand — germanophone, donc culturellement et linguistiquement ancré dans le monde alémanique, celui du Bayern Munich. Un détail ? Peut-être. Mais le football a la mémoire longue. Il y a quelques années, le LOSC avait vivement protesté après un match arbitré par Schärer contre le Borussia Dortmund, estimant avoir été lésé. L’histoire ne se répète pas toujours — mais elle bégaie parfois au mauvais moment.

