Champion de France en titre et finaliste du Top 14 pour la deuxième année consécutive, le Castres Olympique s’est construit grâce à son mécène Pierre Fabre, fondateur des Laboratoires éponymes, décédé l’an dernier.

Le Castres Olympique n’est pas exactement le petit poucet du championnat de France. Certes, face à l’ogre RC Toulon qui vient de défendre victorieusement son titre de champion d’Europe, le club du Tarn fait figure d’outsider. Mais sur le plan économique, le CO a longtemps fait partie des formations les mieux armées du championnat grâce aux largesses de Pierre Fabre et des subsides qu’il a apportés en tant que mécène et sponsor du club.

C’est ainsi que malgré une population de seulement 43.000 habitants, Castres peut tenir la dragée haute aux équipes issues de grandes agglomérations, comme Toulon, Clermont, Montpellier, ou encore Toulouse et le Racing-Métro, nouveau premier club d’Ile-de-France devant le Stade Français.

Le centre d’entraînement est loué une bouchée de pain par le groupe

Le groupe pharmaceutique Pierre Fabre pèse 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires… et il se trouve que son fondateur, décédé le 20 juillet 2013, a été toute sa vie un grand amoureux de rugby. Le premier employeur du Tarn (2.600 employés sur un bassin de 380.000 habitants), revendique depuis toujours une politique d’ancrage local dont le CO est le symbole. Castres dispose également d’un Musée Goya et d’un aéroport partagé avec Mazamet. Là encore grâce aux Laboratoires Pierre Fabre.

Le Castres Olympiques appartient aux Laboratoires depuis 1987. Il dispose cette saison d’un budget de 17,3 millions d’euros ce qui le classe au 9e rang du Top 14. Loin du voisin Toulouse (35 millions) et du rival de samedi, Toulon (33 millions). Mais assez pour justifier une place régulière en play-offs. Du reste, la contribution réelle des Laboratoires au club n’est pas tout à fait connue. Entre les investissements directs en sponsoring et en achats de places, les apports en comptes courants et les abandons de créances, il n’est pas insensé d’imaginer que certains transferts sont financés hors budget, tout au moins sur le plan de la trésorerie. De même, le centre d’entraînement du Levezou est la propriété du groupe Pierre Fabre, qui le loue une bouchée de pain au club : 60.000 euros par an seulement !

Samedi, Castres affronte le RC Toulon en finale du championnat de France, au Stade de France, pour défendre un titre qu’il avait conquis à la surprise générale l’an dernier. De surprises, il en a encore été question dans le parcours du CO cette saison, qui a éliminé successivement Clermont et Montpellier en barrages. Mais finalement, peut-on encore parler de surprises…