Gerhard Gribkowsky, l’homme par qui l’affaire Bernie Ecclestone s’est déclenchée, a formellement accusé le Britannique de tentative de corruption. Mais sa version continue de différer de celle du Britannique.

Le banquier allemand est le témoin-clé du procès qui se tient actuellement en Allemagne. L’ancien cadre de la banque publique bavaroise Bayern LB accuse le tout-puissant patron de la Formule 1 Bernie Ecclestone d’avoir essayer de le soudoyer en 2004. Il a affirmé que le britannique lui avait offert 10 millions de dollar pour résoudre un conflit juridique. A l’époque la banque Bayern LB possédait une part majoritaire des droits de la Formule 1, mais Bernie Ecclestone disposait d’un droit de véto grâce à une action préférentielle. La banque publique allemande lui contestait cet avantage. Selon Gribkowsky, Ecclestone lui aurait proposé lors d’une conversation téléphonique 10 millions de dollar s'(il faisait) en sorte que soit abandonnée la procédure judiciaire. Ecclestone, 83 ans, est jugé depuis le 24 avril par un tribunal de Munich pour avoir versé 44 millions de dollars (31,8 millions d’euros), en 2006 et 2007, à Gerhard Gribkowsky. Selon l’acte d’accusation, il s’agirait d’un pot-de-vin afin de conclure la vente des droits de la F1 par Bayern LB au fonds d’investissement CVC Capital Partners. Bayern LB avait récupéré cet actif au début des années 2000 après la faillite du groupe de médias bavarois Kirch, dont elle était l’un des créanciers. Elle a cédé sa participation début 2006 pour 830 millions de dollars au fonds de capital-investissement britannique. Entendu comme témoin, le Britannique a reconnu le versement mais il l’avait présenté comme une forme de prix du silence afin que le banquier ne fasse pas de révélations gênantes sur son patrimoine (estimé à 3 milliards d’euros) au fisc britannique.

Gribkowsky, condamné en juin 2012 à huit ans et demi de prison pour corruption et fraude fiscale, a assuré avoir averti sa hiérarchie et la police, ce qui a surpris le tribunal et le représentant du Parquet, puisque aucune enquête n’a été ouverte sur ces faits. Gribkowsky a même fait état d’une deuxième offre de 80 millions de dollars à chercher à Singapour. Et vous nous le dites maintenant comme ça ?, s’est étonné le juge, avant d’interrompre l’audience jusqu’à mardi prochain.