Une semaine après avoir été sacré champion d’Espagne, l’Atletico Madrid affronte son ennemi juré du Real en finale de la Ligue des champions samedi. Auteurs d’une saison exceptionnelle, les Colchoneros auront à coeur de conclure cette année en beauté en remportant la première C1 de leur histoire.

Trop longtemps l’Atletico a été étiqueté comme le perdant magnifique du football espagnol. Pourtant, du haut de leurs dix titres de champion d’Espagne, le dernier glané en patron sur le terrain du grand Barça il y a tout juste une semaine, les Colchoneros demeurent une force vive de l’autre côté des Pyrénées. Si Valence, le FC Séville ou encore l’Athletic Bilbao sont des entités incontournables en Espagne, l’Atletico Madrid n’en est pas moins une véritable institution pour les fans de ballon rond, lesquels ont accueilli avec enthousiasme la résurrection d’un club que beaucoup se félicitent de voir en finale de la Ligue des champions, prêt à réaliser un doublé historique.

Mais si les Matelassiers ont cultivé cette réputation de serial loser depuis la défaite en finale de la Coupe des clubs champions contre le Bayern en 1974 (4-0), il n’en demeure pas moins qu’ils ont su revenir sur le devant de la scène depuis plusieurs saisons, multipliant des trophées auxquels nombre d’observateurs attachent peu d’importance mais qui illustrent le retour à une période faste pour l’Atletico, vainqueur de la Ligue Europa en 2010 et 2012, de la Supercoupe d’Europe les mêmes années, de la Coupe d’Espagne en 2013 et, donc, de la Liga cette saison. Preuve que la révolte des Rojiblancos contre cette culture de la défaite ne date pas d’hier. Preuve aussi que les hommes de Diego Simeone ne sont pas arrivés à Lisbonne par hasard.

La récompense d’un travail dur et acharné

Samedi, l’Atletico Madrid retrouvera donc une finale de C1 après 40 ans d’attente. L’occasion de faire d’une pierre deux coups après avoir remporté la Liga, un exploit que l’entraîneur des Colchoneros ne s’interdit pas mais qu’il compte créer avec toute l’humilité qui caractérise son équipe : Je pense que c’est la récompense d’un travail dur et acharné que nous avons fait depuis environ trois ans. On a gardé cette humilité, ce groupe et ces principes. Du buteur au gardien, l’équipe sait comment elle doit évoluer pour gagner et pour faire de bonnes choses déclare-t-il à Onze Mondial, fier des idéaux qu’il a su inculquer à ses joueurs depuis son arrivée sur le banc rojiblanco en 2011.

D’une intensité incroyable, le jeu de l’Atletico ne repose pas que sur une condition physique parfaite et un pressing de tous les instants. Il est aussi basé sur un travail tactique quotidien mais aussi une philosophie singulière, comme l’explique Koke : Il a planté une idée dans nos têtes, celle du travail et de la gagne. De son côté, le capitaine Gabi va plus loin et parle d’honneur, avouant que Diego Simeone a redonné de la fierté à tout le peuple matelassier. Toujours avec le plus grand respect de l’adversaire, l’Atletico Madrid défiera donc son ennemi juré du Real samedi pour le titre suprême de champion d’Europe. Une finale que les Rojiblancos aborderont avec humilité, comme d’habitude. On ne change pas une équipe qui gagne, et l’Atletico en est la preuve.