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Revue de presse: Zidane entre enthousiasme et scepticisme

Revue de presse: Zidane entre enthousiasme et scepticisme

L'Equipe barre sa Une d'un immense "Royal" pour souligner l'arrivée surprise, par son timing, de Zinedine Zidane à la tête du Real Madrid. Le quotidien sportif ne cache pas son enthousiasme en parlant du "plus grand joueur français de l'histoire (...) intronisé hier à la tête du plus prestigieux des clubs". "La nomination de Zinedine Zidane à la tête du Real, hier, est une histoire fascinante sous de nombreux aspects", estime Vincent Duluc. "L'un des plus grands joueurs de l'histoire de ce jeu va entraîner le plus grand club du monde, et ce n'est même pas toute l'histoire : c'est son club, sa ville, sa famille", poursuit-il. "Il est encore Zidane, il est encore l'ancien joueur. Cela ne durera pas", nuance-t-il également.

Le Parisien est plus modéré dans son approche en titrant sur le "Défi fou de Zidane". "Il n'a jamais entraîné un club professionnel de sa vie. Pourtant, Zinedine Zidane se voit confier l'avenir du Real Madrid, l'une des plus grandes équipes du monde", souligne le quotidien qui s'interroge comme beaucoup sur les facultés de l'ancien numéro 10 de l'équipe de France, aujourd'hui âgé de 43 ans, à se muer en entraîneur. "Trop vite, trop tôt, trop grand ?" se demande-t-il, tout en rappelant que Zidane aura un "effectif de stars" à sa disposition, mais "aux allures de fosse aux lions dans un club qui use les techniciens plus que n'importe quel autre". Le remplacement par Rafael Benitez par Zinedine Zidane est le vingtième changement d'entraîneur en vingt ans du Real !

"Le Real, parce qu'il le vaut bien", titre en Une Libération qui se concentre sur les enjeux politiques de cette nomination. "Il faut [...] comprendre que ça s'est joué en coulisse, poursuit Libé. Le président du Real est élu par les socios, les supporteurs-actionnaires du club. Comptable devant ses électeurs, Florentino Pérez ne pouvait donc négliger les enjeux d'image: entre un Rafael Benítez qu'il avait expédié en cure d'amaigrissement dès son arrivée «car l'entraîneur porte le prestige du club» et un Zinedine Zidane que le peuple madrilène pare de toutes les vertus depuis les exploits du joueur sous le maillot blanc entre 2001 et 2006, le bénéfice politique n'est pas le même."

Selon Le Monde, "la désignation de ce «sphinx» de 43 ans a été décidée lors d'une réunion d'urgence organisée par la direction du club. Elle fait suite au match nul (2-2) concédé [...] contre Valence, dimanche 3 janvier. [...] Zidane hérite d'un effectif traumatisé par une année 2015 sans titre et une litanie de scandales (affaire de la sextape Valbuena de l'attaquant français Karim Benzema, élimination en Coupe du roi pour une erreur administrative). En prenant les commandes du club le plus titré (dix Ligues des champions) et le plus riche d'Europe depuis une décennie (549,5 millions d'euros de revenus à l'issue de la saison 2013-2014), le quadragénaire relève un défi de taille."

Il a commencé par une opération de communication, en posant lundi avec sa femme, Véronique, et leurs quatre enfants, pour une photo de famille aux côtés du président du club. "Effet garanti", commente le quotidien suisse Le Matin : le projet n'est ainsi "pas celui d'un seul homme mais de toute une famille, sur laquelle il pourra compter" : Florentino Pérez a engagé "un clan uni et solidaire au sein de la «grande famille» madrilène, avec laquelle il se confond désormais". Mais cela ne sera pas évident, selon le quotidien sportif espagnol Marca, qui livre le commentaire d'un ancien entraîneur et dirigeant du Real, l'Argentin Jorge Valdano: "Zidane est un pari risqué pour le Real, à cause de son manque d'expérience."

"Le contexte – devoir jouer les pompiers de service – n'est sans doute pas celui qu'il imaginait", commente ainsi Le Figaro.

Dans 20 Minutes, Jean-Pierre Karaquillo, fondateur et formateur du Centre de droit et d'économie du sport de Limoges, où Zidane a passé un diplôme de manager, ose pronostiquer que Zidane "marquera l'histoire des entraîneurs". "Il a une excellente vision du métier de manager. C'est quelqu'un de très intelligent, qui a pris le temps d'apprendre. D'abord par ses formations, ensuite par ses différentes expériences", explique Jean-Pierre Karaquillo.

Les médias espagnols sont pour le moment enthousiastes. En Une de Marca, quotidien pro Madrilène, s'affiche "La Soluzzion", avec un jeu de mot avec les initiales du Français. As essaie-lui de deviner comment évoluera le Real façon "ZZ": "Un football offensif, utilisant un 4-2-3-1 sans milieu de terrain défensif. Le ballon est l'acteur principal de ses entraînements et il ne harcèle pas les joueurs avec des dissertations tactiques". Si Zidane arrive, c'est, selon AS, "la faute à la mauvaise entente" de son prédécesseur "avec le président et aux mauvais résultats". Le Real, oui, n'est "que" troisième du championnat espagnol, derrière l'Atletico et le Barça, qui l'avait humilié par 4-0 au Bernabeu le 21 novembre dernier. Pour rebondir, il accueille son premier entraîneur de nationalité française.

Les médias pro-catalans sont moins enthousiastes. Le quotidien de Barcelone Sport rappelle ainsi que Zinedine Zidane avait fortement énervé Cristiano Ronaldo il y a deux ans après avoir soutenu Franck Ribéry pour le Ballon d'Or. Pour les Catalans de Mundo Deportivo, Zidane est un "pansement" pour soigner un Real malade.

En Italie, qui a couvé Zidane à la Juventus Turin, le Corriere dello Sport parle d'une thérapie de "choc" nommée Zidane. La Gazzetta dello Sport se demande si Zidane "sera capable" de guider Madrid.


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