Saint-Dié secoué par des accusations de sexisme, la Fédération ouvre une enquête

Les témoignages de plusieurs volleyeuses de Saint-Dié, en première division, ont déclenché une procédure officielle. La Fédération française de volley-ball (FFVB) s’empare du dossier, après des accusations jugées « graves » contre leur entraîneur, Emmanuel Dumortier.

La cellule indépendante de lutte contre les maltraitances au sein de la Fédération a ouvert une instruction interne, a confirmé vendredi son président Éric Tanguy à l’AFP. Selon lui, cette instance « devrait se réunir la semaine prochaine » pour examiner les signalements. Le dirigeant réaffirme la ligne de la FFVB : « tolérance zéro » face à toute forme de violence, qu’elle soit verbale, morale ou psychologique.

Une affaire qui met le volley face à ses démons

L’affaire remonte à plusieurs semaines, lorsque plusieurs joueuses du club vosgien ont dénoncé, auprès des autorités sportives, les agissements d’Emmanuel Dumortier. Dans un communiqué publié jeudi, elles évoquent des « insultes sexistes et à caractère sexuel » répétées, tenues cette saison et lors des précédentes, qualifiant les méthodes du coach de « vexatoires, sexistes et dangereuses ».

Ces accusations ont également été transmises à Signal-Sports, la plateforme du ministère des Sports dédiée au recueil des violences dans le sport. Ce canal officiel permet, le cas échéant, de suspendre à titre conservatoire la carte professionnelle d’un éducateur mis en cause. En parallèle, la FFVB peut aussi décider d’une suspension provisoire de licence, le temps d’une éventuelle enquête administrative plus large.

Le cas de Saint-Dié intervient dans un contexte où la parole se libère dans plusieurs disciplines. Ces dernières années, plusieurs affaires similaires ont ébranlé le monde du sport français, forçant les fédérations à renforcer leurs procédures internes. En volley-ball comme ailleurs, la protection des athlètes – souvent jeunes et dépendantes de leurs encadrants – est désormais au cœur des priorités institutionnelles.

Pour les volleyeuses de Saint-Dié, ce signalement est avant tout un acte de courage. Dans leur communiqué, elles affirment vouloir « rompre le silence » et dénoncer un système où certaines pratiques persistent malgré les campagnes de sensibilisation. Leur message est direct : « Il existe encore des entraîneurs qui utilisent la peur et l’humiliation comme outil de management. Nous ne l’acceptons plus. »

Si les faits sont encore à vérifier, la procédure engagée par la Fédération marque une nouvelle étape dans la lutte contre les comportements abusifs. L’enjeu dépasse le cadre d’un club : il touche à la culture même du sport de haut niveau, à la frontière entre exigence et violence psychologique.

La FFVB promet une décision rapide, au nom d’un principe désormais intangible : protéger les joueuses avant tout.