Dans deux mois, Morgan Lagravière, 29 ans, larguera les amarres du monocoque Safran des Sables d’Olonne pour plusieurs semaines en solitaire, sur le Vendée Globe. Pour ce bizuth, qui est également l’un des plus jeunes skippers engagé dans la course, le défi est colossal

Que représente le Vendée Globe ?
Morgan Lagravière Un défi colossal ! Petit, je naviguais avec mes parents, mais bizarrement, le Vendée Globe n’était pas un rêve. Aujourd’hui, ce défi s’inscrit plutôt dans la continuité de mon parcours. Après quelques années de régates en olympisme ou en Figaro, j’ai fait ma première transat en IMOCA en double en 2014 puis en solitaire un an plus tard. Aujourd’hui, je me prépare au départ d’un tour du monde en solitaire, la marche n’a jamais été aussi haute pour moi. Quand tu quittes la Solitaire du Figaro pour une transat, tu passes d’une course de 3 jours à une traversée de 10 jours… Aujourd’hui je passe directement à 80 jours, sans transition !

Est-ce que Safran est aujourd’hui parfaitement prêt pour un Vendée Globe ?
Nous serions en mesure de partir dès demain, mais Safran sera totalement prêt quand nous aurons installés ses nouveaux foils ce mois-ci. Au niveau structurel, les soucis que nous avons rencontrés dans le passé nous ont permis de renforcer le bateau et de réfléchir aux différents moyens d’optimiser sa performance. Les voiles neuves prévues pour le Vendée Globe ont été testées et elles me plaisent beaucoup. L’optimisation de l’ergonomie, réalisée cet été, est convaincante. Et, bonne nouvelle, nous avons réussi à identifier d’où venait le bruit en navigation. Il s’agissait du gouvernail. Le problème est résolu. Nous avons perdu les aigus, c’est beaucoup mieux.

Est-vou prêt à deux mois du grand départ ?
Pas tout à fait encore. Il me reste deux mois, c’est une bonne chose ! Même si j’ai parfois envie de partir dès demain. Physiquement je me prépare chaque jour, il fait encore beau, les journées sont longues… Pour la préparation mentale, je discute beaucoup avec Bilou (Roland Jourdain NDLR), notamment sur son expérience dans les mers du sud, la section la plus longue et la plus tonique du Vendée Globe, celle qui génère le plus d’appréhension. J’ai aussi un coach, Jean-Claude Ménard, avec lequel nous trouvons des techniques éprouvées pour consolider mon mental.