Avant d’entrer en lice ce dimanche dans le tournoi de Roland-Garros, Roger Federer était présent dans les médias. Le Suisse est revenu sur son adversaire du premier tour ainsi que les premières sensations sur cette terre.

 

Qu’attendez-vous de ce tournoi ?

“Déjà, je suis très heureux d’être de retour ici, en bonne santé. Le public m’a beaucoup manqué. J’ai joué Roland-Garros tellement d’années, l’aventure a commencé ici il y a vingt ans, puis il y a eu ma victoire il y a dix ans, une des plus belles de ma vie. Au niveau des résultats, je ne sais pas exactement à quoi m’attendre honnêtement. D’une certaine manière, je me sens un peu comme à l’Open d’Australie en 2017, quand j’étais juste content d’être de retour en bonne santé, que je n’avais pas d’attentes (il revenait d’une pause de six mois et d’une opération au genou, ndlr). C’est un peu l’inconnu. Mon premier adversaire (l’Italien Lorenzo Sonego, 73e mondial), il joue bien sur terre, il a déjà joué énormément de matches sur cette surface cette année, ce n’est pas simple du tout.”

Comment s’est passée votre préparation sur terre battue ?

“Jusqu’à maintenant, la préparation s’est très bien passée, Madrid et Rome aussi. Mon corps a bien réagi sur une surface sur laquelle je n’avais plus joué depuis des années, je suis vraiment satisfait de la situation dans laquelle je suis. A Rome, j’ai déclaré forfait aussi par précaution (avant les quarts de finale, il y a une semaine). Je voulais être sûr à 100% de pouvoir jouer Roland-Garros. J’avais juste ce doute que si je jouais, ce ne serait pas le cas. Je n’aime pas cette sensation, c’est pour ça que j’ai dû prendre cette décision. Aujourd’hui, j’ai pris un jour off, mon équipe ne trouvait pas que j’avais encore quelque chose à prouver à l’entraînement, et surtout, pour commencer le tournoi avec le plein d’énergie. Je joue dimanche, je suis prêt.”

Pensez-vous que vous pouvez remporter le tournoi ?

“Je ne sais pas. C’est un peu un point d’interrogation. J’ai la sensation de jouer du bon tennis, mais est ce que c’est suffisant ? Surtout est-ce que c’est suffisant contre les tous meilleurs joueurs quand ça devient vraiment important ? Je ne suis pas sûr que ça soit dans ma raquette. Mais j’espère pouvoir me mettre dans cette position, loin dans le tournoi, contre les meilleurs. D’abord, il faut en arriver là et c’est un challenge en soi. Ca va être un tournoi intéressant mentalement.”

Il y vingt ans, vous jouiez à Roland-Garros votre tout premier tournoi du Grand Chelem, à dix-sept ans. Quels souvenirs en gardez-vous ?

“Je me réjouissais de pouvoir jouer contre Patrick Rafter (l’Australien alors N.3 mondial, ndlr), qui était pour moi un des joueurs les plus populaires et les plus cools du circuit, il avait cette aura de mec sympa, fair-play…. Jouer contre lui sur le Lenglen, sur un grand terrain, plutôt que perdre sur le court N.23 par exemple devant cent personnes, c’est une expérience pour la vie… J’avais vraiment fait un bon match (défaite 5-7, 6-3, 6-0, 6-2), j’avais bien géré mes nerfs, j’avais envie de jouer sur un grand terrain. C’était une bonne expérience.”

Jusqu’à votre sacre il y a dix ans, Roland-Garros a longtemps été le dernier tournoi du Grand Chelem à vous échapper. L’édition 2009 est-elle le tournoi au cours duquel vous avez ressenti le plus de pression ?

“C’est possible. C’est difficile de comparer. C’est surtout après la défaite de Rafa (Nadal, en huitièmes de finale contre le Suédois Robin Soderling), qu’a vraiment commencé cette méga attente. Tout le monde disait: C’est cette année, pas le choix ! A partir de là, j’ai eu l’impression que les neuf ou dix jours suivants duraient une éternité: j’avais des matches difficiles contre Haas, Del Potro, Gaël (Monfils) et Soderling qui avait battu Rafa. Je savais qu’au lieu qu’il devienne plus facile, le tournoi allait devenir plus difficile à cause de la pression. Je suis soulagé et fier d’avoir pu la gérer. C’était un rêve qui devenait réalité.”

Propos recueillis en conférence de presse.