La communication autour de la blessure de Jo-Wilfried Tsonga lors du week-end de la finale de Coupe Davis n’a pas fini de faire jaser. Surtout qu’en parallèle, la Suisse a bien mieux géré le dossier Roger Federer…

Ils avaient mis les bouteilles dans le vestiaire des Français mais ils les ont vite remises dans le vestiaire des Suisses ! Pas le dernier pour chambrer, Stanislas Wawrinka était en forme dimanche en conférence de presse. Les yeux rougis plus par les bulles consommés avant de se présenter devant les journalistes que par l’émotion, le numéro 2 suisse ne s’est pas gêné pour adresser quelques scuds à l’encontre du camp français, trop sûr de sa victoire à l’écouter. Quand j’ai dit qu’ils en parlaient trop, c’était mon avis. Chacun préparait la Coupe Davis, comme il le semblait bon pour être prêt ce week-end. On s’est focalisé sur notre équipe. À la fin, on a parlé sur le terrain avec la raquette, c’est ce qui a donné le résultat. Nous avons été meilleurs ce week-end, a lancé le bourreau de Jo-Wilfried Tsonga. Ce premier match a eu des conséquences désastreuses dans le camp français. Et pas seulement dans les têtes. Balayé par Stan, le numéro 1 français a ensuite déclaré forfait pour le double avec Richard Gasquet le lendemain, puis contre Roger Federer le dimanche.

Les bobos de Jo


Après les matches du vendredi, Jo a ressenti une douleur au bras qu’il avait eue il y a très peu de temps, qui récidivait, a justifié Arnaud Clément, qui a pris la décision de le remplacer après son échauffement de samedi. Mais alors pourquoi avoir entretenu le mystère à ce sujet tout au long du week-end ? On n’a pas d’information à donner, à communiquer à l’équipe adverse à ce moment-là, a ajouté le capitaine des Bleus. Si c’était une incertitude pour eux, il fallait qu’elle reste le plus tard possible dans leur tête. L’objectif pour nous était de préserver le groupe. Si cela a été un petit plus et un petit doute supplémentaire pour l’équipe adverse de ne pas savoir qui il y aurait en face le lendemain, c’était mon devoir. Sauf que ce coup de bluff n’a pas vraiment perturbé la Suisse et s’est plutôt retourné contre les Bleus. Si Julien Benneteau n’a pas été perturbé par son appel tardif pour le double, Richard Gasquet n’a jamais été en mesure de faire vaciller Federer le dimanche. La donne aurait-elle été différente si Tsonga, sifflé par une partie du public du Stade Pierre-Mauroy lors de la cérémonie de clôture, avait renoncé avant les premiers matches, laissant ainsi sa place dans le groupe à Gilles Simon ?

La méthode suisse


On ne peut pas savoir, on ne peut pas réécrire l’histoire, on ne peut pas dire ce qui ce serait passé si. Ce n’est pas de la mauvaise volonté mais on ne peut pas répondre, a balayé Arnaud Clément, qui aurait pu s’inspirer de la gestion de son homologue suisse Severin Lüthi. Bluff ou pas, la blessure de Roger Federer n’a pas fait douter les Suisses. Sans se précipiter, le numéro 2 mondial s’est très peu entraîné dans la semaine, a semblé à côté de ses pompes vendredi contre un Monfils déchaîné, avant de hausser son niveau de jeu en double et d’écraser le pauvre Gasquet dimanche. On a vu à quel point les choses pouvaient vite tourner, a résumé Wawrinka, mi-sérieux, mi-donneur de leçon. En début de semaine, il y avait des pages sur la crise, sur nous, sur le dos de Roger. Pour les Français, tout était parfait. Tout le monde était bien préparé et prêt à partir à la guerre pour reprendre les mots. Durant ce week-end, cela a été l’inverse, parce que nous avons géré notre équipe comme nous savons le faire, avec des échanges et en se préparant le mieux possible pour un week-end très calme en dehors et donner le maximum sur le terrain. Une leçon à retenir pour les Bleus.