La Fédération française de tennis (FFT) désigne Bernard Giudicelli comme nouveau président à l’issue d’une campagne qui laissera des traces. Le successeur de Jean Gachassin, 13e président de l’histoire de la FFT depuis 1920, veut insuffler un changement profond au sein de la deuxième fédération de France.

Cette élection doit être l’épilogue d’une campagne houleuse et d’une guerre intestine entre dirigeants sur fond d’enquête judiciaire pour des soupçons de malversations et de trafic d’influence. Au milieu des règlements de comptes, il y a aussi le retard pris dans la modernisation de Roland-Garros. Les salariés, comme les bénévoles ont envie de passer à autre chose, qu’une nouvelle équipe dirigeante se mette en place et que l’on continue de travailler dans un contexte plus serein, avouait Jérémy Botton, directeur général de la FFT, il y a quelques jours. Depuis plus d’un an, c’est affreux, a même déploré Jean Gachassin dans les colonnes du journal L’Equipe avec le regret d’avoir annoncé trop tôt (mai 2015) qu’il ne briguerait pas de troisième mandat. Il y avait un deal entre Dartevelle et Giudicelli : le premier prenait la présidence (de la FFT), le second visait le Board de l’ITF (la Fédération internationale). Je croyais avoir bien préparé ma succession. Ça a foiré là aussi…, confessait également le président sortant. Lui-même avait été élu en 2009 au son des casseroles de Christian Bîmes, son prédécesseur, condamné pour prise illégale d’intérêts. Il en repart avec des suspicions pesant sur son intégrité et un bilan mitigé.

Le nouveau président est lui-même englué dans les affaires. Lieutenants de Gachassin, Bernard Giudicelli, secrétaire général, et Jean-Pierre Dartevelle, vice-président chargé de la compétition, sont soupçonnés d’avoir de leur côté revendu de manière illicite des billets et étouffé les suspicions de malversations pesant sur leur président. Un véritable pacte du silence selon l’Inspection générale de la jeunesse et des sports (IGJS). Un dossier dans lequel la justice a désigné un mandataire pour représenter la FFT. Il faut se structurer de façon à ce qu’on ne puisse plus vivre tout ça. La justice fait son travail, a commenté Giudicelli après sa victoire. Avant d’ajouter : Nous rétablirons la réalité, notre Fédération est exemplaire, sa rigueur fait école dans le monde entier, il faudra convaincre que nous sommes aujourd’hui dans cette situation.

Pour revenir au sport, le nouvel élu a de grands défis à relever, entre la poursuite du chantier d’extension de Roland-Garros, la nécessité de faire émerger de nouveaux champions ou encore enrayer la baisse des licenciés alors que le plancher symbolique du million s’approche dangereusement.
Un nouvel organigramme

La liste « France Tennis » conduite par Bernard Giudicelli a recueilli 897 voix (soit 51,9 %) ; la liste « Passion Tennis » conduite par Jean-Pierre Dartevelle a recueilli 831 voix (soit 48,1 %) ; la liste « Objectif Clubs » conduite par Alexis Gramblat n’a pas obtenu de voix.

A l’occasion de ces élections, la FFT a adopté un nouveau mode de gouvernance. La fédération est désormais administrée par un Comité exécutif de 18 membres (ces sièges ont été attribués aux 18 premiers noms de la liste « France Tennis ») qui exercera ses prérogatives sous la surveillance, l’évaluation et le contrôle du Conseil supérieur du tennis composé de 32 membres. Au sein de ce Conseil supérieur du tennis, la liste de Bernard Giudicelli obtient 24 sièges et la liste de Jean-Pierre Dartevelle en recueille 8.