Carlos Alcaraz devait être l’un des grands acteurs de la saison sur terre battue. Il en devient, malgré lui, l’un des personnages les plus fragiles.
Le numéro deux mondial a annoncé mercredi son retrait du tournoi ATP 500 de Barcelone, contraint par des douleurs au poignet apparues dès son match d’ouverture la veille. Une nouvelle qui tombe au pire moment pour l’Espagnol de 22 ans.
Tout avait pourtant commencé dans la continuité. Mardi, face au Finlandais Otto Virtanen, Alcaraz avait plié le match en deux sets secs, 6-4, 6-2, sans sembler en grande difficulté au score. Mais les apparences cachaient une réalité plus sombre : dès la première manche, le kinésithérapeute avait été appelé sur le court pour manipuler son poignet. Une image qui aurait dû alerter. Le lendemain matin, le verdict était sans appel. « J’ai senti que mon poignet avait lâché pendant le match, et la douleur n’a fait que s’amplifier », a-t-il expliqué en conférence de presse, la voix teintée de cette frustration propre aux athlètes que leur corps trahit au mauvais moment. Il a ajouté que la blessure s’avérait plus sérieuse que prévu, et qu’il devait rentrer chez lui pour récupérer dans les meilleures conditions possibles.
Ce forfait résonne d’autant plus fort qu’il intervient dans un contexte déjà chargé émotionnellement. Dimanche, à Monte-Carlo, Alcaraz s’était incliné en finale face à Jannik Sinner, son rival italien qui lui a également soufflé la première place mondiale dans la foulée. Le voilà donc double perdant en l’espace de quelques jours : sur le score et au classement. Et désormais incertain pour le Masters 1000 de Madrid la semaine prochaine, soit à moins d’un mois de Roland-Garros — la grand-messe sur terre battue qu’il rêve de conquérir.
Ce qui frappe, c’est la régularité du mauvais sort. C’est la cinquième saison consécutive qu’Alcaraz aborde Roland-Garros sans avoir pu disputer l’intégralité de sa préparation sur ocre. Sa surface de prédilection, celle sur laquelle il est peut-être le plus redoutable, lui résiste avant même que le tournoi parisien n’ouvre ses portes. Sinner, lui, engrangera des points supplémentaires à Barcelone et creusera l’écart en tête du classement ATP. Le duel entre les deux hommes est plus déséquilibré que jamais — du moins sur le papier. Reste à savoir ce qu’Alcaraz aura dans le poignet, et dans les jambes, quand la terre parisienne sera enfin prête.

