Président de World Squash, Jacques Fontaine milite pour que le squash revienne lors des prochains Jeux Olympiques 2024 – 2028. Il répond aux questions d’un journaliste et pense que le squash à sa place.

 

Le squash a-t-il sa place aux JO ? 

“Nous avons fait quatre tentatives et cette fois nous avions regroupé l’ensemble de la famille, amateurs et professionnels. Si on ne pensait pas que le squash a sa place, nous n’aurions pas fait autant de tentatives, car les Jeux restent le plus grand événement multisports dans le monde. Il faut savoir aussi ce que les Jeux apportent aux fédérations nationales. World Squash en compte 140: être olympique ça change la vie, voilà pourquoi ce refus (de Paris) crée un dommage profond dans les racines du sport. A aucun moment on ne dira : On ne veut plus entendre parler des JO, on aura naturellement toujours la volonté de protéger nos fédérations nationales et les protéger c’est leur permettre un jour, peut-être en 2028 à Los Angeles, d’y participer”.

Qu’apporteriez-vous aux JO ?

“Durant notre présentation devant Paris 2024, nous avons fait la part belle à l’un des thèmes qui semblait être fondamental: l’égalité hommes/femmes avec la présence des Français Camille Serme et Victor Crouin, par ailleurs deux possibilités de médailles. On apportait un sport de raquette différent des autres, une qualité, une expérience et une conformité avec les exigences de l’Agenda 2020 du CIO, qui nous semblait être la condition nécessaire et suffisante pour être sélectionné. Nous présentions aussi une carte de Paris où on avait fait figurer un court vitré amovible que l’on aurait pu déplacer Place de la Concorde ou devant le Sacré Coeur, ou ailleurs, on soutenait donc les lieux iconiques. On offrait même de mettre gratuitement le court vitré à disposition. Notre surprise est d’autant plus grande que je pense qu’on répondait à tous les critères connus et à l’Agenda 2020. Nous n’avons pas compris le choix de Paris-2024”.

Paris-2024 vous a-t-il fourni des explications ?

“Qu’on m’explique le choix, je suis preneur. Paris-2024 a proposé à notre joueuse N.1, Camille Serme, fin février, juste avant sa demi-finale des Mondiaux à Chicago, de lui expliquer les raisons du refus. Ils lui ont donné un calendrier où il serait possible de converser, et depuis plus jamais de nouvelles. Si Paris-2024 est disposé à expliquer ses raisons aux athlètes, comme ils l’on fait avec les karatékas, pourquoi ne pas le faire avec les fédérations internationales et nationales ? Je ne suis pas dans l’accusation mais dans l’interrogation”.

Avez-vous déjà des contacts avec le comité d’organisation des Jeux de Los-Angeles 2028 ?

“C’est beaucoup trop prématuré. Mais il faut dire que nous avons mené la campagne pour Paris en collaboration avec la fédération américaine, US Squash. L’Amérique du Nord est le pays où le squash a une croissance à deux chiffres tous les ans et qui attire les meilleurs joueurs dans ses universités. On leur a demandé d’entrer en contact avec Los Angeles et de gérer localement. World Squash interviendra plus tard s’il le faut, laissons les Américains se débrouiller chez eux, ils savent faire”.

Propos recueillis par Eric BERNAUDEAU