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Le village olympique de Cortina, joli mais sans luxe

À la veille de l’ouverture des Jeux olympiques d’hiver, Cortina d’Ampezzo dévoile son village des athlètes : un ensemble éphémère de mobil-homes niché dans les Dolomites, pensé pour être avant tout pratique, mais où règne déjà une atmosphère conviviale.

Sous la neige fraîche, les sommets acérés des Dolomites se découpent dans la lumière pâle de février. À 1 300 mètres d’altitude, le village olympique de Cortina d’Ampezzo se réveille lentement, prêt à accueillir les délégations venues du monde entier. Ici, pas de structures monumentales : des rangées de mobil-homes alignés sur le terrain de l’ancien aéroport, entourés d’ouvriers qui déneigent la longue allée centrale. Le décor, provisoire, illustre la nouvelle philosophie d’Olympiades plus sobres, avec un investissement de 38 millions d’euros pour un site destiné à disparaître sans trace après les Jeux.

Derrière un préfabriqué qui sert d’entrée principale, la « Plaza » fait office de cœur battant du village. C’est là que les athlètes se retrouvent autour d’un espresso, sous l’œil d’un écran géant diffusant les premières compétitions. Plus loin, les anneaux olympiques se détachent dans la neige, symboles d’un esprit de communauté que beaucoup ressentent déjà. « Les lits sont confortables, les douches sont chaudes et tout est bien conçu. Et puis il y a des cafés partout, j’adore ! », sourit la Canadienne Bianca Ribi, spécialiste du bobsleigh, ravie de découvrir ses premiers Jeux.

Du côté français, le skeletoneur Lucas Defayet partage le même sentiment. L’un des neuf tricolores logés ici, il vante le confort simple mais efficace de son mobil-home de 18 m², l’un des quelque 400 installés sur le site. « C’est fonctionnel, tout est fait pour qu’on soit bien et prêt à performer. » Entre deux séances, il apprécie les espaces communs, cafés, salles de sport et cantines où se croisent Norvégiens, Suédois, Canadiens ou Américains. « Il y a une vraie ambiance de village. On discute, on rigole. À la cafétéria ou dans l’allée principale, impossible de ne pas croiser quelqu’un. »

Le revers de la médaille : les distances. Les allées s’étirent, obligeant les athlètes à de longues marches entre les différents pôles. Le porte-drapeau ukrainien Vladyslav Heraskevych, habitué des Jeux, pointe ce bémol tout en relativisant : « C’est un peu moins pratique qu’à Pékin ou Pyeongchang, mais l’atmosphère reste spéciale », confie-t-il. Bianca Ribi, elle, redoute davantage la logistique des navettes et les contrôles pour rejoindre le centre de Cortina : « C’est un peu chaotique, il faut tout planifier à l’avance. »

D’ici quelques heures, la flamme illuminera enfin la cérémonie d’ouverture, donnant le coup d’envoi de quinze jours de compétition. Ensuite, le village connaîtra une deuxième vie avec les Jeux paralympiques, avant d’être entièrement démonté, comme promis, pour ne rien laisser derrière lui — sinon le souvenir d’un lieu simple, efficace et étonnamment chaleureux au cœur des montagnes italiennes.

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