L’élection d’Eric Ciotti à la mairie de Nice plante un nouveau clou dans la planification des Jeux d’hiver 2030. Opposée au schéma retenu pour les sites de glace, la nouvelle maire complique la tâche d’un comité d’organisation déjà fragilisé par une crise interne.
La Baie des Anges, prévue comme l’un des quatre grands pôles des Jeux olympiques et paralympiques, devait être le cœur du marketing sportif du sud‑est : hockey sur glace, patinage artistique, short‑track, curling et clôture devant rapporter 60% des ventes de billets. Le projet Alpes 2030 comptait poser un toit temporaire sur l’Allianz Riviera, y implanter deux patinoires et coller à côté une patinoire pérenne dédiée au patinage, sans oublier le village olympique.
Or Eric Ciotti, sur le principe favorable aux JO, a répété qu’elle ne voulait pas bloquer le stade ni exiler l’OGC Nice pendant plusieurs mois pour un montant estimé à 80 millions d’euros. Elle n’a pas encore désigné de site pour le hockey, mais propose le Palais des expositions pour le patinage artistique et un village des athlètes installé sur le terrain d’une ancienne caserne de police, à près de quinze kilomètres de l’emplacement officiel prévu.
Un électrochoc institutionnel
Cette bascule de pouvoir à Nice crée “un problème réel”, selon Renaud Muselier, président de la Région Provence‑Alpes‑Côte d’Azur et aussi de la Solideo, l’établissement chargé de livrer les équipements. “Ça mérite quelques explications de texte pour voir si c’est viable à Nice, sinon il faudra réévaluer”, reconnaît‑il, assurant qu’il n’hésitera “pas à tout changer s’il le faut” avec un “plan B” dont il ne détaille rien.
Muselier balaie les solutions alternatives proposées par la nouvelle maire, qualifiées de “niveau championnat du monde juniors” auprès de lui, et rappelle que l’on parle “d’un projet de dimension mondiale, pas d’une revanche des uns sur les autres” dans le contexte d’une vieille rivalité politique avec Christian Estrosi, battu. Pendant qu’Eric Ciotti se dit enfin prête à parler avec Muselier, son équipe reste silencieuse sur les demandes d’information, comme le ministère des Sports, le Cojop et la Solideo.
La carte des sites sous pression
Les responsables du dossier insistent sur la nécessité de “laisser les nouvelles équipes arriver, prendre leurs marques et se saisir des dossiers”, tout en rappelant que les municipales relèvent du débat politique. Le Comité international olympique, pourtant inquiet, reste sur sa ligne : même si des incertitudes surgissent, “on ne va pas laisser tomber un dispositif prévu depuis plusieurs années”, lançait fin février Christophe Dubi, directeur exécutif des Jeux.
La carte définitive des sites 2030 doit être dévoilée fin juin, et la situation à Nice sera inévitablement au cœur des prochains rendez‑vous du Cojop, dont le bureau exécutif prévu le 20 avril. Entre‑temps, l’instance, fragilisée par la sortie de son directeur général Cyril Linette, voit arriver l’ex‑préfet Michel Cadot pour assurer visibilité et stabilité sur les grands choix qui dessineront, ou non, la face olympique de la Côte d’Azur.
