Alpes 2030 : Une nouvelle démission-choc au COJOP

Le comité d’organisation des Jeux olympiques d’hiver 2030 traverse une nouvelle zone de turbulence.

Moins de deux mois après la démission de la directrice des opérations, le Cojop Alpes Françaises 2030 a annoncé vendredi le départ de son directeur de la communication, Arthur Richer, en poste depuis juin 2025.

Dans un communiqué, le comité a confirmé cette démission sans plus de précisions, tout en saluant le travail accompli par le responsable sortant. Selon une source proche du dossier contactée par l’AFP, ce départ résulterait d’un « désaccord sur la stratégie à mettre en place ». Arthur Richer aurait lui-même proposé de mettre fin à sa collaboration avec la direction, une proposition acceptée par cette dernière.

« Un processus de recrutement sera lancé dans les meilleurs délais », a ajouté le Cojop, qui assure rester pleinement mobilisé sur la préparation du dispositif de communication lié à sa présence aux Jeux de Milan-Cortina 2026 (6-22 février).

Cette nouvelle défection vient s’ajouter à celle d’Anne Murac, la directrice des opérations, qui avait quitté ses fonctions en décembre, à peine cinq mois après son arrivée. Ce départ avait été qualifié de « petit coup d’arrêt » par le numéro deux du comité, Cyril Linette, soulignant le caractère stratégique de ce poste pour la bonne organisation des Jeux.

D’après plusieurs sources, les difficultés internes s’accompagnent de tensions plus larges entre le Cojop, les institutions sportives nationales et les acteurs locaux des régions Provence-Alpes-Côte d’Azur et Auvergne-Rhône-Alpes. Ces divergences portent tant sur les arbitrages politiques et budgétaires que sur la répartition des sites de compétition entre la Savoie, la Haute-Savoie, Nice et le Briançonnais, une carte encore non finalisée.

Ces désaccords se sont déjà traduits par des crispations publiques autour du financement des Jeux. Fin 2025, le maire de Courchevel, Jean-Yves Pachod, avait réclamé une hausse des aides publiques pour rénover les tremplins du Praz, tandis que le président du conseil départemental de Savoie, Hervé Gaymard, avait suspendu la participation de son département aux réunions préparatoires, dénonçant une « variable d’ajustement budgétaire ».

À ces difficultés s’ajoutent trois procédures en cours devant un organisme onusien à Genève et les tribunaux administratifs de Lyon et Marseille. Le collectif citoyen JOP 2030 reproche notamment l’absence de véritable concertation publique avant et après l’attribution des Jeux.

Déjà marquée par des débuts laborieux, la gouvernance du Cojop avait pris plusieurs mois de retard avant de se stabiliser. L’ancien champion olympique Edgar Grospiron n’avait été désigné président qu’en février 2025, après le retrait de Martin Fourcade, initialement pressenti pour le poste.