Secoué par une série de départs internes culminant avec celui de son directeur général Cyril Linette, le Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2030 (Cojop) tente de tourner la page. Face aux sénateurs, Edgar Grospiron a tenté de rassurer sur la solidité du projet alpin.
Un départ qui officialise la crise
Rien n’aura pu sauver la relation entre Edgar Grospiron et Cyril Linette. Le Cojop a confirmé mercredi la sortie du directeur général, actée lors d’une réunion à Milan le 22 février. Une annonce tombée à quelques minutes à peine de l’audition du président Grospiron et du délégué interministériel Pierre-Antoine Molina devant la commission sénatoriale de la Culture et du Sport.
« La lucidité doit primer, nous traversons des difficultés mais le cap reste le même », a déclaré l’ancien champion olympique en visioconférence. « Nous devons agir avec méthode, rigueur et sens du collectif. » Malgré les mots d’apaisement, difficile d’ignorer la crise ouverte au sein d’un comité déjà fragilisé depuis plusieurs mois.
Avant Linette, trois cadres avaient claqué la porte : Anne Murac (opérations), Arthur Richer (communication) et Bertrand Méheut, président du comité des rémunérations. Autant de départs qui ont entamé la cohésion interne alors que le projet entre dans une phase décisive.
Gouvernance chahutée, calendrier sous surveillance
Les désaccords entre Grospiron et Linette, jugés « insurmontables » par les parties prenantes (État, Régions PACA et Auvergne-Rhône-Alpes, et comités olympiques), avaient déjà été entérinés le 11 février. Le message officiel parle d’une « gouvernance renouvelée pour donner un nouvel élan ». Dans les faits, c’est surtout une recomposition contrainte à l’approche de la phase de livraison opérationnelle.
Interpellé par les sénateurs, Edgar Grospiron s’est refusé à tout détail sur les causes du conflit, évoquant une « clause de confidentialité ». Il a toutefois admis « un peu de retard » sur certains dossiers, notamment la cartographie des épreuves et les sports additionnels, tout en assurant que « ces retards n’empêcheront pas la livraison des Jeux ».
Pierre-Antoine Molina a, lui, relativisé l’ampleur de la tempête. « Ces ajustements ne sont pas inhabituels », a-t-il rappelé, citant l’exemple des remaniements survenus avant les Jeux de Milan Cortina.
Vers un nouveau souffle institutionnel
Derrière la communication apaisée, l’exécutif entend tout de même reprendre la main. La ministre des Sports, Marina Ferrari, a annoncé une mission d’inspection pour examiner la gestion et le fonctionnement du Cojop, en appui de la mission Thobois déjà en cours. Objectif affiché : consolider la gouvernance avant les échéances critiques de 2027, année charnière pour la préparation logistique.
Le départ de Linette, salué dans un communiqué qui rend hommage à « la qualité de son engagement », symbolise la fin d’un cycle. « Les fondations sont posées, une nouvelle phase s’ouvre », conclut le Cojop. Pour Edgar Grospiron, c’est désormais une course contre la montre : restaurer la confiance interne et prouver que les Jeux des Alpes 2030 ne seront pas plombés par leurs turbulences de départ.

