Intouchable samedi, le Suisse a survolé une descente nettement raccourcie en raison du vent pour offrir à son public une quatrième victoire consécutive sur la piste bernoise et creuser encore un peu plus l’écart en tête du classement général de la Coupe du monde.
Sur un tracé expédié en 1 min 33 sec 14, soit près d’une minute de moins que la version habituelle, le numéro 1 mondial a relégué l’Autrichien Vincent Kriechmayr à 79/100e et l’Italien Giovanni Franzoni à 90/100e, ce dernier restant sur un succès en super-G la veille. « Je savais que sur un parcours aussi court, je devais aborder la course en ayant très faim. Là, chaque centième compte », a commenté le Nidwaldien de 28 ans au micro de la chaîne suisse SRF. Piégé la veille en super-G (4e) par une petite faute à l’entrée du “Kernen S”, il a cette fois bâti son succès dans ce passage sinueux, en traçant une ligne d’une grande finesse avant de maintenir un engagement total jusqu’à l’arrivée.
Avec ce 52e succès en Coupe du monde, le quadruple détenteur du gros globe, acclamé par 36 000 spectateurs en fusion, signe déjà sa septième victoire de l’hiver et continue d’écrire l’histoire, une semaine après avoir remporté le géant d’Adelboden pour la cinquième année de suite. Difficile d’imaginer qu’il y a encore deux ans, le Cirque blanc doutait de la capacité de ce géantiste de génie, au gabarit plus longiligne que les spécialistes de la vitesse, à s’imposer sur les descentes les plus prestigieuses. Depuis son doublé en descente à Wengen en janvier 2024, il a non seulement récidivé l’année suivante, mais ajouté quatre autres victoires en Coupe du monde dans la discipline reine. Les mythiques descentes de Kitzbühel et Bormio lui résistent encore, mais l’occasion de les dompter arrive vite : la station tyrolienne accueillera un super-G vendredi puis une descente samedi, tandis que la piste italienne recevra en février les épreuves masculines des Jeux olympiques. Leader du géant, du super-G et de la descente, Odermatt compte désormais 567 points d’avance au général sur le Brésilien Lucas Pinheiro Braathen, absent des épreuves de vitesse mais attendu dimanche sur le slalom de Wengen.
La journée a également confirmé l’excellente forme de Giovanni Franzoni. À 24 ans, l’Italien signe son troisième podium de l’hiver malgré un dossard 28 loin d’être idéal. « Je suis resté éveillé de trois à six heures du matin à cause de l’excitation de la victoire en super-G », a-t-il confié à la RTS. « Mais vu comment le week-end avait commencé, j’étais très confiant et, en voyant que la descente était raccourcie, mes jambes m’ont remercié. »
Côté français, Nils Allègre confirme sa régularité avec un nouveau Top 10, neuvième à 1 sec 45 d’Odermatt, après avoir déjà pris place parmi les dix premiers vendredi. Le Haut-Alpin, déjà deux fois quatrième en décembre à Val Gardena (descente puis super-G), reste ambitieux : « Les meilleurs étaient un ton au-dessus aujourd’hui. J’ai peu de regrets sur ma manche. Être dans le Top 10 est positif, même si je ne peux pas m’en contenter (…) Je donne tout, je fais le max et j’espère que ça finira par passer. » Longtemps en lice pour le podium avant de manquer ses deux derniers virages, Maxence Muzaton doit se contenter de la onzième place à 1 sec 50. Alban Elezi Canaferina entre dans les points avec une 27e place à 2 sec 16, tandis que Nils et Sam Alphand terminent 39e et 40e, Blaise Giezendanner 47e et Adrien Théaux 49e.

