Sur la neige d’Hafjell, Lucas Pinheiro Braathen a vécu le jour de gloire qui marque une carrière. Le skieur brésilien a remporté le dernier géant de la saison, s’offrant dans le même élan le globe de la spécialité.
Un triomphe aux allures de revanche et de légende, rendu possible par la sortie inattendue du maître du genre, Marco Odermatt.
Un globe pour l’histoire
À 25 ans, Braathen entre dans une nouvelle dimension. Trois ans après un premier globe décroché en slalom sous les couleurs de la Norvège, le fils d’un père norvégien et d’une mère brésilienne inscrit le nom du Brésil, pour la première fois, au palmarès de la Coupe du monde de ski. Ce mélange d’héritages, il l’a transcendé sur la piste, dominant la première manche avant de tenir bon malgré la pression, devançant Loïc Meillard et son ami Atle Lie McGrath.
Sa troisième victoire consécutive dans la discipline, après l’or olympique de Bormio et le géant de Kranjska Gora, fait de lui le symbole d’un ski qui ne connaît plus de frontières. Pendant que le soleil d’Hafjell baignait la cérémonie, Braathen savourait un rêve devenu réalité, un drapeau vert et jaune flottant sur la neige norvégienne.
La fin d’une ère pour Pinturault
Mais ce mardi avait aussi le goût des adieux. Alexis Pinturault a mis un terme à dix-sept années de haut niveau, concluant sa carrière sur une 11e place, son meilleur résultat de l’hiver. Champion du monde, vainqueur du gros globe en 2021, 34 succès en Coupe du monde : le Français laisse derrière lui un palmarès immense et le souvenir d’une élégance rare sur les skis.
« Allumer du vert à l’arrivée, c’est une belle manière de dire au revoir », a-t-il confié, les yeux humides et le sourire tranquille. Ses coéquipiers, champagne en main, lui ont rendu un hommage à la hauteur de sa carrière, lui tendant un trophée gravé d’un mot simple mais juste : “GOAT”. La montagne a parfois ce talent : offrir dans un même jour la naissance d’un héros et le dernier salut d’une légende.
