Le ski-alpinisme entre dans le grand bain olympique à Milan-Cortina

Pour la première fois de son histoire, le ski-alpinisme s’invite aux Jeux olympiques d’hiver. Entre spectacle explosif et quête d’authenticité, les athlètes espèrent que cette vitrine italienne offrira à leur discipline un nouveau souffle.

C’est la petite révolution de ces JO d’hiver : le ski-alpinisme, longtemps cantonné aux montagnes sauvages, fait ses débuts olympiques à Milan-Cortina. Deux épreuves sprint, masculines et féminines, et un relais mixte permettront au grand public de découvrir une version spectaculaire et rythmée d’un sport jusqu’ici confidentiel.

Le décor peut surprendre les habitués du ski alpin ou du biathlon. Six concurrents s’élancent côte à côte au bas d’une piste, skis aux pieds, pour gravir une cinquantaine de mètres de dénivelé à une allure effrénée. En haut, ils déchaussent, hissent leurs skis sur le dos et grimpent quelques escaliers avant d’attaquer une nouvelle montée. En trois minutes d’effort, ils retirent les peaux de leurs skis en un éclair et plongent vers la ligne d’arrivée. Un condensé d’énergie brute et de technicité, taillé pour la télévision.

“C’est un format ultra-cardio, visuel, facile à suivre”, explique une membre de l’équipe de France. À Bormio, les premières médailles olympiques de la discipline seront attribuées le 19 février, avant un relais mixte le 21. Pour les athlètes, c’est une chance historique de faire connaître leur sport au grand public, même si cette version courte reste éloignée de l’essence du “skimo”.

“Quand je parle du ski-alpi, je rappelle toujours que ce n’est pas uniquement ça”, insiste la Française Emily Harrop, numéro un mondiale et grande favorite. “À la base, on va vraiment en montagne, pour plusieurs heures, dans des paysages sauvages. C’est toute une philosophie.” Sa compatriote Margot Ravinel abonde : “On espère qu’aux JO 2030, il y aura aussi la course individuelle, plus longue et plus fidèle à notre pratique d’origine.”

Le débat est ouvert, mais tous saluent l’effet d’accélérateur provoqué par cette entrée olympique. “Sans les Jeux, on n’en serait pas là”, reconnaît le sélectionneur tricolore Léo Viret, dont l’équipe vise haut à Bormio. “Cette exposition nous pousse à élever notre niveau d’exigence, à structurer le staff, à viser l’excellence.” En trois ans, l’encadrement français est passé de trois à quatorze membres.

Un bond en avant symbolique pour une discipline qui, en même temps qu’elle découvre la lumière, cherche à préserver son âme.