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Emily Harrop et Margot Ravinel remportent la mythique Pierra Menta

Emily Harrop et Margot Ravinel - Photo by Icon Sport

Quelques semaines après ses exploits olympiques, Emily Harrop s’offre un nouveau sommet en remportant la mythique Pierra Menta avec Margot Ravinel. Un doublé entre modernité et tradition qui confirme son statut de référence du ski-alpinisme français.

Arêches-Beaufort, samedi matin. Le soleil perce à travers la brume du Beaufortain, et Emily Harrop lève les bras à l’arrivée, sourire éclatant, visage glacé. La Française vient de remporter la 40e édition de la Pierra Menta avec sa partenaire Margot Ravinel. Quatre jours de course, 10 000 mètres de dénivelé positif et un duel à couper le souffle contre le duo Axelle Gachet-Mollaret – Célia Périllat-Pessey. Moins d’un mois après ses médailles olympiques à Bormio, Harrop prouve qu’elle incarne tout ce que le ski-alpinisme a de plus complet : explosif, endurant et ancré dans la montagne.

Entre sprint olympique et endurance alpine

Double médaillée olympique pour les débuts du ski-alpinisme aux Jeux (or en relais mixte, argent en sprint), Harrop voulait démontrer que la discipline ne se résume pas à quelques minutes d’effort. « Ce n’est pas parce qu’on fait du sprint qu’on ne peut pas briller en montagne », répétait-elle à la veille de la course. Son triomphe sur la Pierra Menta, épreuve-reine du calendrier, sonne comme une réponse claire aux puristes qui craignaient que l’entrée aux JO dénature l’esprit du ski-alpinisme.

Avec Margot Ravinel, finaliste olympique elle aussi, Harrop a relevé le défi presque sur un coup de tête. Le duo avait renoncé à une Coupe du monde en Azerbaïdjan, annulée en raison du conflit au Moyen-Orient, pour finalement s’aligner en Savoie, sans véritable préparation spécifique. Quelques sorties en montagne auront suffi pour recréer une alchimie naturelle et, très vite, prendre la tête d’une compétition d’une intensité rare.

Une victoire symbole de continuité

Face au binôme Gachet-Mollaret / Périllat-Pessey, Harrop et Ravinel ont joué la carte de l’audace. Attaques dès la première étape, gestion du tempo le lendemain, puis une troisième journée stratégique où elles ont creusé un écart décisif de plusieurs minutes. Samedi, il ne restait plus qu’à maîtriser. À 25 ans, Harrop rejoint ainsi la légende de la Pierra Menta, déjà victorieuse en 2023 et 2024, mais cette fois avec une nouvelle partenaire et dans un tout autre contexte émotionnel.

« Vive le ski-alpinisme sous toutes ses formes », lançait-elle à l’arrivée, citant presque son propre manifeste. Plus qu’une victoire, cette Pierra Menta 2026 est un message : l’union entre le sprint télégénique et la montagne sauvage est possible, et elle porte un nom — Emily Harrop.

Chez les hommes aussi, le triomphe est tricolore : William Bon-Mardion et Xavier Gachet s’imposent pour la troisième année consécutive, devant Samuel Equy et Anselme Damevin. Mais cette édition restera avant tout celle d’une athlète qui aura su relier deux mondes du ski-alpinisme et inscrire son nom dans la pierre… la Pierra Menta.

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