Figure majeure du ski alpin français, Alexis Pinturault a annoncé qu’il rangerait définitivement les skis à la fin de la saison. À 34 ans, le Savoyard, vainqueur du gros globe en 2021 et triple médaillé olympique, referme le plus grand palmarès tricolore du XXIᵉ siècle avec émotion et lucidité.
À Courchevel, là où tout a commencé, Alexis Pinturault a parlé sans détour : « L’idée, c’est de me retirer et de passer à autre chose. » À bientôt 35 ans, le skieur français le plus titré de l’histoire s’apprête à tirer sa révérence après les finales de la Coupe du monde, prévues le 24 mars à Hafjell, en Norvège. Ce n’est pas une surprise tant les signaux s’étaient accumulés ces dernières saisons — blessures, manque de résultats, frustration grandissante — mais l’annonce résonne comme la fin d’une époque pour le ski français.
Un long règne marqué par la polyvalence et la persévérance
Vainqueur du gros globe de cristal en 2021, 34 fois lauréat en Coupe du monde, triple médaillé olympique, double champion du monde en combiné… la carrière de Pinturault force le respect. En vingt ans, « Pintu » a redéfini les standards du ski français par sa régularité, sa science de la trajectoire et sa polyvalence hors normes. Mais depuis son dernier titre mondial à domicile, en 2023 à Courchevel, l’élan s’était brisé. Malgré un choix audacieux — délaisser le slalom pour se concentrer sur la descente, seule discipline qui lui résistait —, le Savoyard n’a jamais retrouvé son rythme d’antan.
Les deux dernières saisons ont été un chemin de croix : deux graves blessures aux genoux, en janvier 2024 puis janvier 2025, ont freiné ses ambitions et entamé sa confiance. Devenu père entre-temps, Pinturault a peu à peu pris conscience que la flamme s’éteignait. « Si on ne trouve plus de raison suffisante pour continuer, c’est qu’il est temps de tourner la page », a-t-il confié samedi.
Des adieux symboliques à Courchevel
Avant son ultime rendez-vous norvégien, Pinturault offrira une dernière émotion à « sa » station, Courchevel. Ce dimanche, il ouvrira le Super-G devant ses proches, ses coéquipiers et son public, pour dire adieu aux pistes qui l’ont vu grandir et triompher. Ces quelques secondes de glisse, sans enjeu sportif mais chargées de symboles, sonneront comme un passage de témoin.
Il aurait rêvé conclure sur les Jeux de Milan-Cortina, à domicile presque, mais le destin en aura décidé autrement. Sa non-qualification a simplement accéléré une décision mûrie depuis longtemps. « Je suis en paix avec ce choix », a-t-il assuré.
Avec lui, c’est une page d’or du ski alpin français qui se referme : celle d’un champion discret, perfectionniste, et d’un homme attaché à ses racines. Un exemple de constance et d’élégance sportive, dont le nom restera à jamais gravé dans la légende.
