Après trois mois de galère, l’ouvreur du Stade toulousain s’apprête à retrouver les terrains ce week-end face à l’Union Bordeaux‑Bègles. Entre envie de prouver et duel à distance avec Matthieu Jalibert, le fils de l’ancien international rêve de frapper fort pour son come‑back.
Romain Ntamack n’a jamais été du genre à se contenter d’un rôle secondaire. Écarté des terrains depuis le mois de décembre, le stratège toulousain retrouve enfin la compétition, et il compte bien rappeler à tout le monde pourquoi il symbolise à lui seul le rugby total du Stade. « Il va vouloir montrer qu’il est toujours là », confie son coéquipier Peato Mauvaka, convaincu que son ouvreur fera tout pour briller face à une UBB portée par son éternel rival, Matthieu Jalibert.
Un retour attendu et plein de symboles
Victime d’une blessure aux reins après un choc contre La Rochelle, puis ralentit par un souci à l’ischio en février, Ntamack a vécu un hiver frustrant. Pendant que ses coéquipiers caracolaient en tête du championnat et que le XV de France retrouvait son éclat dans le Tournoi des Six Nations, lui devait ronger son frein. Une période « forcément compliquée », souffle l’ailier Matthis Lebel : « Vous doutez, vous ? Romain travaille dur pour revenir au top. On sait qu’il va nous apporter beaucoup sur la fin de saison. »
Cette impatience, ses partenaires la ressentent aussi. « Quand on rate une aventure comme celle de l’équipe de France, ça peut frustrer », admet Lebel. Pour un compétiteur dans l’âme comme Ntamack, voir ses coéquipiers soulever le trophée sans pouvoir participer a sans doute ravivé la flamme.
« C’est un joueur qui veut toujours être au sommet », renchérit Virgile Lacombe, entraîneur adjoint des avants toulousains. « Son absence l’a affecté, mais elle lui a aussi donné faim. Pouvoir montrer qu’il sera prêt pour le sprint final, c’est ce qu’il attend avec impatience. »
Un duel sous haute tension avec Jalibert
Comme un clin d’œil du destin, le match de reprise de Ntamack se fera face à son plus grand rival tricolore, Matthieu Jalibert. Deux talents, deux styles : l’un dans la fluidité et la vision, l’autre dans l’instinct et la percussion. Les retrouvailles entre Bordeaux‑Bègles et Toulouse, dimanche, promettent un bras de fer électrique entre les deux ouvreurs, surveillés de près par le staff de l’équipe de France.
Pour Ntamack, ce choc dépasse la simple reprise : c’est un message. Celui d’un joueur blessé dans son orgueil, prêt à remettre les pendules à l’heure avant la phase finale du Top 14. À Toulouse, personne n’en doute : quand le numéro 10 est en pleine possession de ses moyens, il entraîne toute l’équipe dans son sillage.
Le Stade, lui, n’attend qu’une chose : retrouver son chef d’orchestre pour aborder le sprint vers les titres. Et si la meilleure réponse à la frustration passait, encore une fois, par l’éclat du jeu ?
