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Six Nations féminin : les Bleues version Ratier lancent une nouvelle ère face à l’Italie

Manae Feleu et François Ratier - Photo by Icon Sport

Changement de cycle, nouveau sélectionneur, ambitions renouvelées : le XV de France féminin entame samedi une nouvelle ère sous la houlette de François Ratier.

Après la désillusion du Mondial 2025 en Angleterre, conclu à une frustrante 4e place, les Bleues veulent relancer la machine à Grenoble, face à l’Italie, pour l’ouverture du Tournoi des Six Nations 2026.

« L’objectif, c’est de gagner le Tournoi », martèle Ratier sans détour. L’ancien sélectionneur du Canada, finaliste du Mondial 2014, pose d’entrée le ton d’un projet à la fois exigeant et ambitieux. Pourtant, pas question pour lui de brûler les étapes. Avant de rêver d’une “finale” potentielle contre les Anglaises à Bordeaux le 17 mai prochain, l’Italie se dresse d’abord sur la route : « Se projeter trop loin dans le sport, c’est souvent se condamner. »

Un renouveau assumé

Arrivé en novembre pour succéder au duo Gaëlle Mignot – David Ortiz, Ratier n’a pas tardé à marquer son empreinte. Pour ce premier match officiel, il a bouleversé la hiérarchie : six joueuses à zéro sélection figurent dans le groupe, dont trois alignées d’entrée. À 26 ans, Mathilde Lazarko hérite du poste de talonneuse. Anaïs Grando (23 ans) débute à l’aile, tandis que la Toulousaine Pauline Barrat, 21 ans, occupera le rôle stratégique d’arrière.

Cette jeunesse incarne la nouvelle dynamique souhaitée par le staff, sans pour autant écarter les cadres incontournables. Madoussou Fall-Raclot (45 sélections) apportera son expérience en deuxième ligne, tandis que la charnière formée par Pauline Bourdon-Sansus et Carla Arbez sera chargée d’imprimer le tempo. Au centre, Gabrielle Vernier, 58 sélections au compteur, demeure l’un des maillons essentiels de la construction offensive.

La capitaine Manae Feleu, repositionnée en troisième ligne aile, est l’autre symbole du changement tactique amorcé. Son repositionnement vise à densifier le pack tout en libérant plus de mobilité autour des rucks. Dans le même esprit, Joanna Grisez, habituelle joueuse d’aile, glisse au centre pour apporter sa vitesse et son explosivité dans le cœur du jeu.

La stratégie : domination et adaptation

Côté stratégie, Ratier assume une approche « puissante et structurée ». Son objectif : imposer une domination physique dès les premiers impacts et “martyriser” les Italiennes devant. « Le rugby commence toujours devant, rappelle-t-il. Si on prend le dessus dans les phases de contact, on pourra développer notre jeu de mouvement et de variation. »

Cette philosophie se traduit aussi dans la composition du banc : six avants et seulement deux arrières. Un signe clair que le combat au sol et la conquête en mêlée seront au cœur du plan de match. Conscient des progrès de la Nazionale, dont plusieurs internationales évoluent dans le championnat français ou anglais, le sélectionneur sait que ce premier test n’a rien d’une formalité.

Objectif Bordeaux

Sur le plan historique, les statistiques sont favorables aux Bleues : neuf victoires sur leurs dix dernières confrontations face à l’Italie, dont un cinglant 24-0 lors du dernier Mondial. Mais la prudence reste de mise, notamment dans un contexte de reconstruction.

Le discours de Ratier s’appuie sur une idée centrale : retrouver la confiance avant les grands rendez-vous. Ce rendez-vous initial doit permettre d’évaluer les automatismes et l’efficacité du nouveau système. Si tout se passe comme prévu, la France pourrait disputer un véritable choc face aux Anglaises le 17 mai au Matmut Atlantique, à Bordeaux – un affrontement déjà attendu comme la “finale” du Tournoi.

Les Red Roses, doubles tenantes du titre et championnes du monde en titre, restent la bête noire des Bleues, invaincues contre elles depuis 17 rencontres. L’opportunité de les retrouver chez soi, en clôture du Tournoi, représente donc un moteur psychologique fort pour un groupe qui veut renouer avec son passé glorieux.

Une première journée prometteuse

Cette première journée du Tournoi promet d’ailleurs de belles affiches : en parallèle du duel franco-italien à Grenoble (13h25), les Anglaises recevront l’Irlande à Twickenham, tandis que le Pays de Galles affrontera l’Écosse à Cardiff.

Pour les Bleues, l’enjeu dépasse le simple résultat : il s’agit de poser les fondations d’un nouveau départ, de retrouver une identité de jeu et, pourquoi pas, de rêver d’un printemps victorieux.

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