Avant de recevoir l’Argentine ce samedi soir au Stade Pierre Mauroy de Lille, Maxime Médard est revenu sur son retour en Bleu. Ce dernier compte bien faire son trou et prouver à Jacques Brunel.

 

Vous jouiez gros samedi. Malgré tout, vous avez semblé jouer sans pression…

“Je m’étais mis de la pression. D’ailleurs après le match et le lendemain tout le stress est redescendu. Je savais qu’on m’attendait mais je n’étais pas focalisé sur ça. Je n’y ai même pas pensé, honnêtement. Mais je n’avais pas envie de passer pour un nul. Je me suis mis vite dans le match, des relances m’ont permis d’être bien.”

A quoi attribuez-vous votre bonne passe actuelle ?

“La bonne forme de Toulouse joue. Je suis bien, j’ai fait de bons trucs, j’ai un nouveau rôle au Stade, je m’ouvre un peu plus aux gens. Je me permets de dire des choses au groupe qu’avant je m’interdisais. Je pense qu’avec l’âge je sais ce qu’on attend de moi. Après, je prends du recul… En 2015, je me focalisais tellement sur le fait d’aller à la Coupe du monde que finalement je n’y suis pas allé. Je ne pensais qu’à ça et je me suis trompé: quand tu te focalises que sur un truc, tu forces les choses, tu restes enfermé dans ton chemin, tes objectifs. Bien sûr que la Coupe du monde 2019 est vachement importante, mais c’est encore loin donc je vis au jour le jour.”

Vous sentez-vous légitime en bleu, où vous êtes l’un des plus âgés ?

“Pendant les deux premières semaines (du rassemblement), j’ai observé, parlé, mais moins car il y a des leaders déjà bien identifiés. Je parle quand on me demande de parler et que je sens qu’il faut dire quelque chose. Et quand j’arrive ici, j’ai toujours l’esprit du débutant. C’est toujours bon d’être à Marcoussis, en équipe de France. C’est exceptionnel de représenter son pays.”

Vous avez connu en juin votre première sélection depuis deux ans, après déjà un an et demi d’absence de novembre 2014 à juin 2016…

“(Il coupe) Pas mal de pépins physiques m’ont empêché d’enchaîner, d’honorer des convocations. Je ne pense pas avoir eu une traversée du désert. Si je me suis +pété+, c’est comme ça. Je n’ai aucun regret sur ma carrière.”

Ne vous êtes-vous pas endormi sur vos lauriers après la Coupe du monde 2011 ?

“Je rentre de la Coupe du monde avec un oedème osseux à un orteil qui me fait jouer sur une jambe. Pendant le Tournoi suivant, je me blesse à un genou: un an d’absence. Puis je reviens, mais je n’ai pas donné satisfaction à Philippe Saint-André et Patrice Lagisquet. Je peux le comprendre. Mais il n’y pas de regrets à avoir. J’ai eu une passe difficile comme tout joueur.”

Mais on ne peut s’empêcher de penser que vous auriez pu faire une carrière internationale plus importante…

“C’est quoi une carrière plus énorme? Plus de sélections en équipe de France? Ca fait quoi? Je voulais dépasser les 50, car tu rentres dans un cercle très fermé. J’en suis à 51. Avoir 60/70/80/100 sélections… c’est pour les papiers. Déjà une, c’est énorme. 50, c’est super. Je pense plus important d’être accompli en tant qu’homme que d’avoir énormément de sélections.”

Vous semblez plus affûté physiquement qu’il y a quelques années… 

“Oui. J’ai voulu perdre un peu de poids parce que les jeunes courent très vite maintenant, il faut que je m’accroche (rires). Mon hygiène est maintenant importante dans ma vision de sportif de haut niveau. Je sors très peu, je mange bien, je suis papa. Plein de choses font qu’au final je fais plus attention. Je ne suis pas bien si je ne fais pas de sport. Même ma femme m’engueule. J’adore courir, pousser mon corps au maximum.”

Propos recueillis par Nicolas KIENAST