Le monde du rugby professionnel ne vit pas des droits TV, comme le football. Il a besoin de public dans les stades et de sponsors qui achètent ses loges VIP. Alors les récentes déclarations de la ministre des sports ont du mal à passer…

« Sans vaccin, il n’y auras pas de retour à la normale. » La petite phrase prononcée par Roxana Maracineanu met en émoi les dirigeants du rugby professionnel français. « J’ai dit à madame la ministre que les clubs de rugby pro, c’est comme les cafés, les restaurants, les théâtres. Sans public, ils vont mourir », a déclaré Bernard Laporte, le président de la Fédération française de rugby. Dans son sport, la colère gronde. Il n’est pas question, comme pour le football, de contester la fin anticipée de la saison. Mais une reprise de la prochaine sans public n’est pas envisageable.

« Je pense qu’elle a parlé très vite. Car, à ce moment-là, on n’a plus qu’à mettre la clé sous la porte. Parce que pas de vaccin, pas de reprise avec public. Si le vaccin arrive dans un an ou deux, on fait quoi ? On va faire autre chose, on va jouer au water-polo » a déclaré Alain Carré, président du club de Colomiers, en Pro D2, et de l’Union des Clubs Professionnels de Rugby. « Elle nous sabre le moral avec cette phrase. J’ose espérer qu’elle a été dite comme ça, mais je suis très agacé… », renchérit-il.

Montrée du doigt pour avoir stigmatisé la décision de l’Allemagne qui a fait reprendre la Bundesliga, la ministre des Sports française est désormais isolée en Europe, puisque l’Espagne, le Portugal, l’Italie et l’Angleterre ont pris une décision analogue… et radicalement opposée à celle qui a été prise en France pour la Ligue 1 ou le Top 14. Alors que la pandémie recule très vite et que le Premier ministre vient d’annoncer une nouvelle série de mesures de déconfinement, Roxana Maracineanu ne pourra pas continuer à n’évaluer que le seul risque sanitaire. S’occuper de l’économie du sport fait aussi partie de son rôle de ministre.