Une gêne au mollet prive Matthieu Jalibert du choc face à l’Italie dimanche au Pierre-Mauroy. Thomas Ramos bascule à l’ouverture, déclenchant un remaniement malin des arrières qui propulse Gaël Dréan sur le devant de la scène. Les Bleus, seuls candidats au Grand Chelem, préparent leur raid sans trembler.
Coup de théâtre à la veille du troisième rendez-vous du Tournoi des six nations : Matthieu Jalibert, pilier de l’attaque française depuis l’entame, déclare forfait. Sur Instagram, l’ouvreur bordelais de 27 ans assume : « Une petite gêne au mollet m’oblige à déclarer forfait pour le match de demain. » Une absence confirmée par la FFR samedi soir, qui bouleverse les plans de Fabien Galthié sans alarmer un XV de France en pleine bourre.
Auteur d’un Tournoi étincelant – deux victoires tranchantes contre l’Irlande (36-14) et le pays de Galles (52-14) –, Jalibert paye les frais d’un calendrier chargé. Touché à la cuisse en novembre, il devrait rebondir pour l’Écosse le 7 mars à Murrayfield, selon Sud Ouest. Son remplaçant naturel, Romain Ntamack, reste lui à sec en 2026, handicapé par un pépin rénal puis musculaire. Galthié mise donc sur la polyvalence, marque de fabrique des Bleus.
Un brassage d’arrière-garde gagnant
Thomas Ramos, habitué à l’arrière, glisse naturellement à l’ouverture – un poste qu’il maîtrise au Stade toulousain et en Bleu. Sa botte précise et son sens du tempo devraient fluidifier une ligne offensive déjà léchée. Ce choix astucieux libère la place à l’arrière pour Théo Attissogbe, l’ailier palois de 21 ans en feu : trois essais au compteur en deux matches, et une expérience à ce poste forgée en club comme en tournée néo-zélandaise l’été dernier.
La cerise sur le gâteau ? L’entrée en scène de Gaël Dréan. Régulièrement convoqué à Marcoussis sans jamais fouler la pelouse internationale, le Toulonnais de 25 ans s’empare du numéro 14. Première cape pour ce produit du centre de formation varois, qui apporte fraîcheur et vitesse sur l’aile droite. Un signal fort : Galthié récompense la patience et injecte du sang neuf dans un groupe qui domine sans partage.
À Villeneuve-d’Ascq, face à une Italie revancharde, ces ajustements sonnent comme une aubaine. Invaincus, les Français chassent le Grand Chelem – un rêve intact après deux journées. Ramos aux manettes, Attissogbe en vigie, Dréan lancé dans le grand bain : cette mue tactique pourrait bien transformer une contrainte en arme fatale. Les Bleus, plus résilients que jamais, visent un triplé historique.

