La pression politique s’intensifie autour de Casey Wasserman, le président du comité d’organisation des Jeux olympiques de Los Angeles 2028, rattrapé par le scandale Epstein.
Lundi soir, la maire de la ville, Karen Bass, a publiquement demandé sa démission, marquant un tournant dans une affaire qui secoue à la fois le monde du sport, du divertissement et de la politique californienne.
Une prise de position longtemps attendue
Jusqu’ici prudente, Karen Bass avait refusé d’intervenir dans la polémique, estimant que le sort de Wasserman relevait du conseil d’administration de LA28. Mais l’escalade médiatique et la multiplication des appels à la démission dans les rangs politiques locaux l’ont poussée à sortir de sa réserve.
« À mon avis, il devrait démissionner », a-t-elle tranché sur CNN, regrettant le soutien maintenu du comité exécutif des Jeux. Cette déclaration intervient alors qu’au moins dix élus de la région, dont plusieurs membres du conseil municipal, ont déjà pris position dans le même sens, selon le Los Angeles Times.
Un dirigeant rattrapé par son passé
Âgé de 51 ans, Casey Wasserman n’est pas un inconnu à Los Angeles. Héritier d’une dynastie influente et patron d’une importante agence artistique, il incarne depuis des années le lien entre Hollywood, le sport et le monde des affaires. Or, son nom est récemment apparu dans des échanges de courriels datés de 2003 avec Ghislaine Maxwell, l’ex-compagne de Jeffrey Epstein, aujourd’hui incarcérée pour avoir recruté des mineures pour le compte du financier américain.
Ces correspondances, à caractère salace, ont ressurgi dans le cadre d’une nouvelle vague de publications judiciaires liées à l’affaire Epstein. Wasserman a depuis exprimé ses « profonds regrets », insistant sur le fait que ces échanges remontaient à plusieurs années avant la première arrestation du criminel sexuel, en 2006. Dans un communiqué, il a reconnu des « erreurs personnelles » et dit comprendre « la gêne causée » aux institutions qu’il représente.
Le comité des JO dans la tourmente
Malgré l’ampleur du scandale, le comité exécutif des JO de 2028 continue de défendre sa confiance en son président. Dans une déclaration récente, les dirigeants ont souligné « les dix années de leadership exemplaire » de Wasserman et affirmé qu’il restait « la bonne personne pour garantir le succès » des Jeux. Une position qui, pour nombre d’élus locaux, met en péril l’image d’un événement censé incarner les valeurs d’inclusion et d’intégrité prônées par le mouvement olympique.
Dans ce climat tendu, la pression médiatique devient difficile à contenir. L’affaire réveille à Los Angeles un sentiment de déjà-vu : celui des liens troubles entre le pouvoir, l’argent et le star-system. À deux ans à peine des Jeux, la ville hôte voit ainsi son grand projet olympique se transformer en terrain miné, où chaque prise de parole compte et où l’avenir du patron de LA28 semble désormais suspendu à une question : combien de temps encore pourra-t-il rester en place ?




